2006, 2007

Posté le 29 December 2006 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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2006 a été sans aucun doute, du point de vue des usages, celui de l’explosion des plate-formes de partage de vidéo en ligne. Il est difficile, tant ce phénomène est encore nouveau et imposant, d’imaginer ce qui va succéder, évoluer. C’est bien ce qu’expriment la plupart des articles qui tentent de percer les tendances du web en 2007.

Ainsi, les lecteurs de Richard MacManus ont voté : la tendance la plus forte sera la même que celle de 2006, la vidéo.

Une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit. Après l’irruption et la constitution instantanée d’une usage très large, on peut imaginer que l’on va passer à la deuxième étape : celle de la structuration et de la professionnalisation des usages.
En 2005/2006, le monde a découvert fascine le partage de ces vidéos “jackass”, ces clips talentueux de jeunes auteurs, ces émergences plu ou moins spontanées de contenus viraux. En 2007, le mouvement va être soumis à un double mouvement : infobésité et saturation de contenus d’un coté, et récupérations et manipulations, de l’autre. Des réponses vont devoir émerger face à ces deux problèmes. Et de véritables petites économies ont une capacité de développement autour de la réponse à ces deux enjeux.

Ces réponses, nul ne sait dire quelle forme elles prendront. Des petites applications qui améliorent le fonctionnement de Youtube (mashups) ? Des sites alternatifs, plus communautaires, moins ouverts, ou bien proposant des systèmes d’évaluation plus poussés ? Le départ en masse d’utilisateurs d’un site vers un autre, suite à des abus manifestes ou des problèmes majeurs, une rupture d’utilisation (comme pour la mutation friendster > mtspace il y a deux ans) ?

Nous verrons. Et y participerons peut-être un peu.

En cadeau de fin d’année, la vidéo la plus vue sur Youtube. 34 millions au compteur. Et la célébrité pour Judson Laipply, qui va lancer judson.tv.

Lettre à une chaîne de télévision en lancement

Posté le 14 December 2006 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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Messieurs de France 24, vous souhaitez, dans un élan affiché de modernité, vous rapprocher des blogueurs, des internautes. Vous insérer dans un réseau, vous appuyer sur ces individus, pour qu’ils deviennent des relais. En témoigne le pré-lancement effectué auprès des blogueurs.

Pour bénéficier au plein de “l’effet réseau” de la blogosphère, le plus simple serait déjà de commencer par leur permettre de  parler de vous. Or, comme le relève bien Jean-Baptiste  Soufron, vous interdisez à quiconque d’effectuer un lien sur votre site. Cette interdiction est une aberration totale, une négation de ce qu’est internet, et . David Weinberger ne cesse de le répéter : le web, ce sont des liens. Cette simple recommandation montre un esprit qui n’est pas celui d’internet, lieu de transmission inter-individuelle, mais d’un média bien traditionnel, ancré dans une diffusion de masse.

Pour vous appuyer sur cet effet réseau d’internet, il faut, sinon l’encourager (par des formats acceptables et facilitant la transmission, ce que vous ne faites pas vraiment : votre site ne facilite pas la reprise, la citation, le lien, l’appropriation partielle de votre actualité), au minimum permettre aux internautes de se saisir de ce que vous transmettez, dans leurs discussions. Or là encore, vous interdisez toute citation même partielle de vos contenus.

Comment espérez-vous que les blogueurs se saisissent de votre média si vous ne le permettez pas ? Doit-on lire votre invitation de blogueurs avant lancement comme une simple marque d’un intérêt lointain, à but de “buzz”, pour ces internautes, surtout accusés de piraterie ?

Le décalage entre votre discours affiché et la réalité de vos pratiques (par ailleurs perfectibles) ne peut qu’être révélé largement, sur internet. Ce décalage résulte certainement d’empressements ou de manques d’attention, il est encore certainement temps de l’adapter.

Vous pourriez en effet encourager les internautes à se saisir partiellement de vos contenus. Diffuser vous même, de manière décentralisée, des bouts de vos émissions là où sont les internautes, favoriser le partage et le lien. Générer une viralité non plus sur le fait de la chaîne France 24, mais sur ce qui la constitue : ses contenus.

Pourquoi France 24 ne serait-elle pas – vraiment – une des premières chaînes à s’appuyer effectivement sur cet immense réseau d’individus pour se construire ?