L’apéro Facebook ou l’éternel retour de la « jeunesse » désordonnée
Posté le 17 May 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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L’image de Facebook est de plus en plus contradictoire. D’un côté se répand la critique « geek », dénonçant un réseau tentaculaire qui accapare les données privées à fin de marketing et qui veut prendre le contrôle du web. De l’autre se développe la critique gouvernementale, qui reproche au contraire à Facebook sa désorganisation, son absence de centralité, le manque d’un responsable qui pourrait signer – et payer les dégâts des « apéros géants » (et ce d’autant plus que les récents changements des conditions d’utilisation ont retiré les « pages » des mains de leurs créateurs pour les apporter aux communautés).
Image paradoxale d’un lieu de socialisation devenu massif alors qu’il tient, finalement, ses promesses : rapprocher des gens au-delà de leur cercle d’amis (d’ailleurs un épiphénomène au regard de l’usage principalement privé et fermé du réseau, qui consiste à partager ses petites photos de vacances à un cercle légèrement élargi – histoire que votre patron puisse vous voir en bikini). Et surtout caricature médiatique qui s’échauffe sur un phénomène banal parce qu’il est brandé Facebook, alors qu’il n’est que le produit d’une époque qui se regarde elle-même de travers.
Pour preuve, cet extrait d’un mémoire sur les « bravades » en pays varois dans la première moitié du XIXème siècle :
« Enfin apparaît lors de la fête [patronale] un pouvoir qui n’est ni permanent ni officiel, celui de la “jeunesse”, pour employer le terme d’Ancien Régime, organisation spontanée ou faiblement structurée sous forme de confréries. Car à l’occasion de nombreuses fêtes, les jeunes se livrent à un simulacre de levée militaire afin d’honorer le saint par des décharges de mousqueterie : c’est la fameuse bravade provençale, salves d’honneur qui donnent à la procession une apparence militaire. D’où d’inévitables conflits de préséance, d’intérêt, d’autorité, qui amènent les pouvoirs publics à s’inquiéter, jusqu’à déplacer préventivement une brigade de gendarmerie sur les lieux, considérant qu’il s’agit là d’une situation dangereuse.
(in Albert Giraud, Des bravades qui tournent mal, de la fête à l’emeute en pays varois- PDF) »
Bien sûr, les décharges de mousqueterie sont d’une nature plus violente que les beuveries, mais parions qu’elles correspondent exactement à « l’apéro », situation limite, ni franchement légale ni foncièrement illégale, portée par une pratique massive et qui nargue volontiers l’autorité constituée. La culture Facebook, légère et irrévérencieuse tout autant que moutonnière et suiveuse s’ajuste donc parfaitement avec cette culture du défi de la « jeunesse » ; et le réseau n’est qu’un outil qui structure l’émergence spontanée d’un mouvement de foule qui n’a au fond pour lui que l’intérêt du mouvement, du groupe et de cette promesse de perte de contrôle.
On ne trouvera dans ces apéros pas grand-chose de neuf : ni dans le procédé de copie, d’une ville à l’autre (qui a toujours existé), ni dans le lien du « virtuel » au « réel », qui a lui aussi toujours existé, ni dans l’aspect massif de ces rassemblements : les pique-niques qui se déroulent chaque été au champ de Mars répondent au même principe de mimétisme. Seules nouveautés : l’ampleur et la rapidité du feuilleton médiatique, qui, parce que l’événement est estampillé « Facebook » (pimentée par un décès, qui incarne ici la puissance néfaste du réseau), gagne un intérêt, et que la réaction politique, prompte à survaloriser la menace de ces réseaux librement organisés.
Savoir parfois ne pas aller sur Facebook
Posté le 4 May 2010 par guillaume dans la catégorie : Sur le Web
Tags : communication corporate, Facebook, marques
Il faut savoir parfois ne pas aller sur Facebook. Cette proposition de bon sens, qui aurait eu il y a à peine un an l’assentiment de presque tous les annonceurs nous ferait aujourd’hui passer pour des ringards. Si tout le monde crée sa page, pourquoi pas moi, dit l’annonceur ? Mon concurrent a 30000 fans avec qui il partage sans relâche et mon agence me parle tous les jours de superbes opérations de Coca Cola (et de leur superbe budget, mais là-dessus je suis moins à l’écoute). Alors on y va quand ?
Pourtant, il y a beaucoup de cas où aller sur Facebook ne sert à rien. Sans même parler des erreurs retentissantes, comme la récente crise de Nestlé, combien de pages restent à moitié mortes, laissées en friche, attaquées par les commentaires de spam, heureusement dans l’intimité des 250 fans (ou « qui aiment » comme on dit désormais), qui appartiennent pour moitié à l’annonceur et pour moitié à l’agence ? Combien de pages mal customisées et sans design, sans contenus ni histoire à raconter, où même les informations de base font défaut ? Combien de fausses bonnes idées où seuls les concours et l’appât du gain permettent de grappiller quelques « fans » bien peu fidèles en vérité ?
Aller sur Facebook, cela veut dire en respecter les usages, et en premier lieu l’esprit de partage social léger, positif et souvent superficiel qui fait 90% des interactions du site. Cela implique d’avoir quelque chose à dire à un public plutôt orienté information ou consommation, et pas très motivé par les sujets corporates. Cela demande enfin des moyens d’être visible autrement plus conséquents que le « naturellement viral » wall-to-wall, en commençant par un investissement publicitaire décent pour amener à soi rapidement un premier public. Bref si créer une page consiste à y brancher un pauvre flux RSS pour y pousser les communiqués de presse et attendre de voir ce qu’il passe, c’est une perte de temps et un risque pour l’entreprise : il vaut mieux s’en abstenir.
Au fond il en est de la page Facebook comme des sites internet au début : aller sur le web, c’était avoir un site, point final, et tant pis pour les blogs et les forums qui parlent de ma marque. Il faudrait éviter de refaire cette erreur – et d’autant plus que le nouveau Facebook est peut être le moyen de développer une présence a minima. Si tout le monde n’a pas vocation à « aimer » mon entreprise, le système de partage de contenus renforcé peut suffire à émerger intelligemment, sur Facebook et ailleurs. Avec ou sans page officielle…
Une e-réputation, ça ne se nettoie pas, ça se construit.
Posté le 15 April 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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J’intervenais ce matin au colloque “e-réputation et identité numérique des organisations“, au GFII. Le rapport du groupe de travail du GFII est très intéressant (PDF disponible ici) , représente une belle somme de travail, et serait à mettre entre beaucoup de mains, pour ceux qui veulent comprendre les risques de la réputation des entreprises (ou institutions) en ligne.
Au-delà de quelques cas, j’ai insisté, lors de mon intervention, sur deux points. Ils me semblent importants, sur ce sujet qui l’est autant, et surexposé actuellement.
1. Nettoyeur de e-réputation ? Une farce.
De nombreux sujets de media couvrent ce nouveau métier, promis à un grand succès… médiatique : nettoyeur de e-réputation. Je n’ose citer ces entreprises. J’ai déjà eu affaire à des clients qui avaient fait appel à leurs services. Voilà des gens qui surfent sur un besoin clairement identifié, une peur, un désarroi, de nombreuses entreprises ou personnalités, qui googlent leur nom, et découvrent des horreurs. Leur premier réflexe, nous y sommes souvent confrontés chez spintank, est souvent le suivant : “pouvez-vous me nettoyer tout ça ?”. Le tout ça vaut pour ces contenus négatifs, ces choses qui trainent sur vous, et ce reflet imparfait de qui vous êtes, vous entreprise, vous personnalité. On vous propose alors un savant mélange de productions de contenus positifs, de netlinking, d’attaques en justice ou menaces d’avocats sur des contenus, pour enlever ce qui n’est pas bon. On nettoie. Par des procédés techniques.
Mais une réputation, ça ne se nettoie pas. Ça se construit.
Les mesures techniques, dans un univers où l’expression personnelle en réseau, et la volumétrie de publication de contenus est souvent, sur une entreprise, une marque, extrêmement abondante, très mouvante, croire que l’on peut résoudre la problématique de la trace numérique de la réputation de cette entité par de simples mesures techniques est une illusion, ou pire encore. Un attrape gogo, un surf sur une peur, l’entretien de l’ignorance par une illusion techniciste.
Non, une réputation, ça se construit. Non, une réputation, une e-réputation, ça ne se nettoie pas. Bâtissez des petits murs, des pages de contenus, face à une expression négative massive ? Vous verrez revenir vers vous la vague, inexorable. De petits murs techniques, face à l’expression potentielle de milliers d’individus, de journalistes ? Non, ça ne tient pas. Je parle de vécu. Nous avons vu des entreprises lâcher des dizaines de milliers d’euros dans des mesures techniques sans jamais elles-mêmes ouvrir le moindre compte ou tenter de réfléchir. Et se plaindre, quelques mois après, que ça ne servait à rien. Lignes maginot.
Comment la construire, alors ? D’abord dans les actes de l’entreprise, sa qualité de service, ses produits, sa conduite, la satisfaction de ses parties prenantes. Ensuite dans la valorisation active de ces actes en ligne, dans leur narration, leur incarnation dans l’espace public numérique. Le web est ouvert, il s’y exerce un rapport de force de l’information. L’entreprise y a sa place, comme tous les autres. Elle n’y a pas le droit de trafic, de bidouillage, qui peut se retourner contre elle. Elle y a en revanche tout à fait le droit d’agir, en égalité avec les internautes, voire avec un pe ud’optimisation, en SEO, en netlinking, ne soyons pas naïfs. Mais ce n’est qu’un petit chouia du boulot à effectuer.
Chers responsables de la communication, chers journalistes, ne croyez pas ces rigolos. Ils vous racontent des misères, et vous prennent de l’argent pour pas grand chose.
2. Et si on parlait un peu du positif ?
Dans le document du GFII, on ne liste que des menaces. C’était la commande. Elles sont au nombre de 16. Tout ce que des internautes peuvent faire en ligne qui peut metrte en péril la réputation d’une entreprise. Bonjour l’ambiance !
Aucune entreprise au monde ne fait l’objet que de contenus positifs. Aucune entreprise au monde n’a rien à se reprocher. Toutes les entreprises font des erreurs. Sur chacun des banques françaises, en ligne, on lit des horreurs de services clients désastreux, de prix trop élevés. Chacune a agacé à un moment un groupe d’intérêt qui s’est mobilisé. Pour les dirigeants, c’est violent. On n’est plus protégé. On se prend un reotur d’image en pleine poire.
Mais enfin, ce n’est pas tout. A côté des expressions de clients mécontents, on a plein d’exemples de fantastiques soutiens de clients satisfaits, de fans de marques, de personnes exprimant leur reconnaissance à une entreprise, à une marque, à un service, à un produit. On en voit tous les jours. Parlez à Rancilio de la communauté des amateurs de la Silvia, la meilleure machine à café au monde ? Des centaines de vidéo, fières, passionnées, produits sur Youtube ? Des forums sans fin de ceux qui la personnalisent, l’entretiennent, et convainquent à leur tour d’autres de l’adopter ? Parlez à Apple de ses fans en ligne.
Le web est une fantastique opportunité pour le développement de la réputation des entreprises. Voilà enfin l’opportunité, réelle, de se mettre enfin en contact direct, permanent, à grande échelle, publiquement, avec ses clients. Voilà que les marques peuvent descendre dans la rue, d’égal à égal avec leurs consommateurs, et engager un dialogue réel.
En ligne, je dirais que l’immense majorité du contenu négatif produit sur les entreprises est légitimement motivé, par une expérience décevante, mais surtout le mur blanc qu’opposent les entreprises à cette insatisfaction. Ils s’entraident, ils collaborent, ils se serrent les coudes. Et quand, surprise, l’entreprise leur propose une écoute véritable, incarnée, ouverte, souvent, ça marche.
Pas d’angélisme. C’est difficile. Souvent, il faut y aller progressivement. Changer ses habitudes installées depuis longtemps, adapter son organisation, sortir de sa zone de confort. Mais l’écosystème est là, durablement installé. Chercher des nettoyeurs, c’est s’acheter un répit illusoire. Ce qu’il faut, c’est y aller. avec méthode et sérieux.
Il serait temps que l’on s’y mette. Avec réalisme, mais volonté. Des entreprises passent ce cap, gèrent les micro-crises qui émergent en ligne, en apprennent, développent leur présence. Elles sont trop peu nombreuses, la majorité pensant encore trop souvent le web comme une simple menace, et pas une opportunité géniale. Et si on prenait exemple sur les premières ?
Plateformes communautaires de marques : Spintank publie son livre blanc
Posté le 17 March 2010 par Justin dans la catégorie : Chez Spintank, Sur le Web
Tags : benchmark, communication, communication corporate, participation, plateforme communautaire, spintank
L’exposition donnée à de nombreux dispositifs participatifs portés par le politique – de Désirs d’Avenir à MyBarackObama, maintes fois cités en modèle, en passant par les avatars plus récents, Coopol et Créateurs de possibles – a favorisé leur notoriété et imposé leur usage dans le domaine de la communication des marques et entreprises.
Le discours prophétique sur le 2.0, sous forme d’injonction, crée un bruit de fond, dans lequel il n’est pas facile d’y voir clair : que doivent proposer les marques à leurs « réseaux », leurs « communautés » ? Très peu de réflexion se fait sur les usages, les pratiques des consommateurs. Nous avons voulu y contribuer.
Objet encore trop récent, absence d’unicité, la plateforme communautaire mérite pourtant qu’on lui accorde plus qu’une validation de principe, qu’on dépasse le « buzz word ».
C’est cette relative virginité en matière de données, comparée au foisonnement de discours, qui nous a conduits à entreprendre un travail de réflexion sur le sujet :
- Quelles entreprises sont les plus à même de se lancer dans cette démarche ?
- Quels sont les objectifs de communication qui peuvent être visés ?
- Quelles conditions doivent être réunies pour envisager cette forme d’ouverture ?
L’analyse de nombreux cas passés devait nous permettre d’éclairer, d’ordonner et de développer une pédagogie sur cette pratique. L’interrogation des publics, sur leurs usages et leurs attentes, doit permettre de casser les idées fausses, pour se concentrer sur les vraies conditions de succès.
Pourquoi les plateformes communautaires ?
Les incursions d’une marque sur les espaces de discussion/partage en ligne ne sont pas toujours bien perçues par les publics eux-mêmes, qui attendent des entreprises qu’elles sachent rester à leur place, ne viennent pas troubler l’équilibre, la – relative – quiétude et l’entre-soi qui y règnent. On apprécie également de pouvoir retrouver la marque chez elle, sur son url, au sein d’un espace public numérique qui subit de multiples interférences publicitaires.
Proposer un espace communautaire propre apparaît dès lors comme légitime, en complément, prolongation d’une stratégie de présence en ligne, au cœur des lieux d’usages.
Ce type de dispositif répond aussi à des ambitions évidentes en matière de communication : la plateforme créée par la marque constitue une formidable opportunité de révéler son potentiel communautaire, d’en tirer toute la richesse et d’inscrire ces bénéfices dans sa stratégie de communication. C’est finalement un des rares espaces à même de constituer « le vaisseau amiral » de la marque sur le web social, susceptible de refondre totalement la relation aux publics.
« Communautaire et communautaire »
Du « participatif » ou du « communautaire » on a souvent l’impression d’en faire, mais on n’y parvient en réalité que rarement :
- Beaucoup d’initiatives périclitent rapidement faute de participants
- Peu d’entreprises ont finalement réellement franchi le pas
- La plupart des français méconnaissent aujourd’hui l’existence et l’usage de ce type de dispositif
Notre champ s’est donc finalement concentré sur une cinquantaine d’initiatives, glanées principalement aux USA et en France, desquelles nous avons extrait 30 cas emblématiques, « idéal typiques ».
Le volet opinion de notre étude, déjà présenté il y a un mois, a interrogé les attentes et pratiques des publics.
De cette confrontation, nous avons tiré des enseignements, que nous vous livrons en synthèse, dans ce livre blanc.
Les plateformes communautaires méritaient bien que l’on s’y intéresse et qu’on dresse enfin un état des lieux, sans idée préconçue, sans cadre a priori.
Celui-ci ne se veut pas exhaustif, il n’est pas non plus définitif ; en revanche il a pour objectif de rendre intelligible ce matériau, de le classer, de catégoriser des réalités variées.
Il est désormais soumis à votre appréciation et s’ouvre au débat.
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Les Français boudent les plateformes communautaires de marques
Posté le 9 February 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : communication corporate, marques, opinion, OpinionWay, plateforme communautaire, spintank
Le discours sur l’entreprise 2.0 est volontiers prophétique. L’internaute serait un nouveau consommateur citoyen, avide d’expression en réseau, que l’on pourrait mobiliser, appeler à la participation, à la co-création.
Et dans la réalité ?
Où en sont les Français ? Que font-ils quand ils s’expriment en ligne, à l’égard des entreprises ? Se rendent-ils sur les plate-formes proposées par les marques ? Sont-ils prêts à participer ? A quelles conditions ? Nous sommes allés les interroger avec OpinionWay.
Notre objectif est simple : ouvrir de nouvelles perspectives dans la relation qu’entretiennent les entreprises avec leurs parties prenantes en ligne. Le faire de façon pragmatique, en nous appuyant sur la réalité des usages plutôt que sur la simple injonction prophétique.
Dans un mois, nous vous présenterons la suite de cette recherche des pratiques. L’enjeu : effectuer un état des lieux complet de ces nouvelles démarches d’engagement des publics, en analysant leurs conditions de succès ou d’échec. Voici déjà quelques enseignements…
Notre sondage : des français qui ne pratiquent pas, mais pourraient le faire, sous certaines conditions.
Que nous disent les Français ? Qu’il ne suffit pas de convoquer les citoyens-consommateurs pour qu’ils viennent joyeusement débattre avec les entreprises ; mais aussi qu’il y a la possibilité d’un dialogue fructueux, pour peu que les consommateurs s’y retrouvent.
Pour parvenir à engager cette nouvelle relation avec leurs publics, les marques doivent proposer des espaces qui renforcent et améliorent en premier lieu la relation client, principale attente des français, mais également offrir un service « véritablement utile » aux internautes, qui se méfient des « opérations marketing », et enfin s’insérer au cœur des dispositifs de communication en ligne pour gagner en visibilité et en autonomie.
Tout est dans cette liste de dix enseignement-clefs, ces trois graphiques, le communiqué de presse, et cette présentation jointe.
10 enseignements de ce sondage :
- Seuls 17% des Français se sont déjà exprimés en ligne à propos d’une entreprise ;
- Moins d’un Français sur dix déclare s’être déjà exprimé sur une plateforme de marque ;
- Plus de 80% des Français ignorent l’existence des plateformes communautaires de marques ;
- Seulement 14% des participants déclarent avoir pris connaissance de l’existence d’une plateforme par bouche-à-oreille ;
- 38% de ceux qui s’y sont déjà exprimés l’ont fait avant tout pour manifester une insatisfaction ;
- Plus de 2/3 des utilisateurs des plateformes sont satisfaits de l’expérience ;
- Près de 9 Français sur 10 jugent les commentaires et avis d’internautes utiles ;
- 70% des Français qui s’expriment en ligne le font directement au sujet des produits ou services de l’entreprise ;
- Près 40% des personnes n’ayant jamais exprimé d’opinion sur les entreprises se déclarent toutefois prêtes à utiliser une plateforme communautaire ;
- Un Français sur deux est prêt à venir participer sur une plateforme de marque s’il a accès à des réponses précises ou à une compensation.



Notre synthèse des résultats
Le sondage intégral
Poursuivons la discussion sur twitter !
La nature du web, territoire d’opinion ?
Posté le 26 January 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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J’intervenais ce matin à la journée nationale des études, organisée par l’UDA et l’ADETEM, en introduction de cette journée de réflexion sur le métier de l’analyse de ce qui se passe dans la tête des consommateurs.
J’ai axé ma présentation sur quelques remarques sur la nature du web, et ce qu’on pouvait en attendre comme objet d’étude. En prolongeant la discussion après cette intervention, je me rends compte qu’il existe, et c’est dans la nature même du web, des confusions sur ce qu’est cet espace, qui rassemble une multitude de fonctions, et sur la manière de l’appréhender par les entreprises.
Défiance, et veille
La première demande à laquelle nous sommes confrontés, comme de nombreuses sociétés, vient du caractère menaçant du web, pour les entreprises. Espace de défiance, de réaction, de mobilisations, le web social est souvent perçu avant tout comme la source de “buzz négatifs”, de circulation de rumeurs, et d’impacts négatifs pour les entreprise.
Chez spintank, c’est souvent un des premiers motifs de contact avec nos clients, qui entrent par le problème à régler, la situation à corriger. Nous avons des réponses. Elles ne sont pas faciles, mais des méthodologies et des années d’expérience permettent de définir précisément des schémas d’action qui fonctionnent.
Aller au-delà
Pourtant, le web est plus que cela. La gigantesque conversation qui s’opère en ligne est égalmeent, en soi, au-delà de son caractère de menace, un formidable terrain d’observation. Terrain compliqué, mouvant, difficilement prévisible, mais terrain rêvé : on peut enfin observer, sans intrusion, sans questionnement biaisé, les pratiques sociales, les usages d’entraide, de collaboration, les discussions de comptoir ou de spécialistes sur une multitude de sujets.
Rendre intelligible ces conversations est complexe. On est plus proche de l’observation anthropologique et sociologique que de l’analyse marketing. On s’approche plus de la veille sociale, de la détection d’opportunités, que du monitoring de marques, souvent le plus gros poste d’études en entreprise. Les besoins auxquels une observation des pratiques sociales et des usages des consommateurs, en ligne, peut répondre, s’approchent plus de l’innovation de produit ou de service, ou de la veille du climat corporate de l’entreprise, que d’un suivi de la notoriété et des mentions des marques, qui sont souvent absentes des discussions.
Susciter l’échange
Enfin, un aspect est souvent négligé : la valeur de la consultation initiée par l’entreprise ou l’institution. Nous avons animé nopmbre de débats et processus consultatifs, tant en interne qu’en externe. Ils sont des sources précieuses d’insights des parties prenantes que l’on consulte. Ainsi, lors d’une grande réforme d’administration, l’appel à questions et suggestions des fonctionnaires a-t-il pu être utilisé comme un formidable révélateur des attentes et de la hiérarchie des sujets qu’ils portaient. Dans un projet de territoire, pour une collectivité territoriale, l’appel à contribution permet de détecter une hiérarchie de sujets, et aussi des éléments d’agenda précis, souvent alternatifs. Ouvrir les sujets, faire le tri, comprendre les attentes de ses publics : on peut maintenant le demander ouvertement.
Ces outils sont souvent sous-estimés. Leur valeur est différente de ce qu’apporte une enquête quantiative, ou qualitative. On perd en représentativité et lien entre des opinions et des profils ce qu’on gagne en profondeur d’insight, et variété argumentaire, et en compréhensio ndes sujets naturellement portés par les parties prenantes. A l’heure d’une opinion publique mobile, de moins en moins déterminée par les critères classiques de l’analyse (CSP, habitat, formation, profession…), cela a beaucoup de sens.
Peut-être serait-il temps de prendre le web au sérieux, comme riche terrain d’analyse ?
Nicolas Vanbremeersch
Le classement des politiques sur Twitter – juillet 2009
Posté le 7 August 2009 par Julien Rivet dans la catégorie : Sur le Web
Tags : communication politique, politique, Twitter

Stop, Or I’ll Tweet… (via Digg)
C’est le mois d’août, mais Twitter ne prend pas de vacances, et Spintank non plus. D’ailleurs, nombreux sont les hommes politiques à partir en congés pour ce mois d’août, et plus généralement à faire relâche sur le tweet depuis le mois de juillet. Si l’actualité politique se refroidit à mesure que la température grimpe, ils n’oublient pas d’emmener leur BlackBerry ou leur iPhone pour faire partager à leurs followers leurs vacances, passant d’une logique de présence officielle à une logique de présence beaucoup plus légère et intime : Benoît Hamon a conté son périple au Danemark, tandis que NKM et Alain Lambert échangeaient un paso doble twitterien sur le charme du Cotentin.
Six petits nouveaux sont arrivés sur Twitter depuis notre dernier classement : Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP, Nathalie Griesbeck, députée européenne MoDem, et Thierry Legac, conseiller municipal UMP d’Asnières, avaient échappé à notre vigilance les derniers mois ; Jean-Pierre Chevènement, Jérôme Peyrat, directeur général de l’UMP, et Nicolas Perruchot, député Nouveau-Centre (une nouvelle famille politique sur Twitter !) ont créé leur compte ce mois-ci.
En ce qui concerne la méthodologie du classement, elle ne change pas par rapport au mois dernier : les comptes ont été arrêtés au 31 juillet. Nos outils sont toujours les mêmes : le moteur de recherche de Twitter pour évaluer la présence des politiques sur les 10 derniers jours et Tweetstats pour mesurer le taux d’appréhension de la fonction sociale de Twitter (% de @).
Les faits marquants du mois
Deux faits marquants sont à noter au cours du mois. Premièrement, le chat organisé par l’Express avec NKM, Benoît Hamon et Alain Lambert, a eu pour ces trois Twitteurs politiques trois incidences majeures sur leur position dans le classement : il a augmenté de façon considérable leur nombre de followers (en provoquant un afflux d’attention), leur nombre d’updates et leur taux d’appréhension de la logique sociale de Twitter (les réponses au chat étant précédées d’un @nomdelutilisateur, le nombre de replies augmente beaucoup pour chacun des trois participants).
Second fait marquant : le live-tweet de la session inaugurale du Parlement Européen le 14 juillet dernier. Deux Twitteurs politiques se sont prêtés à cet exercice d’un genre nouveau : Sandrine Bélier et Philippe Juvin. On assiste là à une prise en main de Twitter comme un outil de diffusion de l’info extrêmement rapide, puisque l’info est relayée au moment même où elle est produite. Le live-tweet n’a cependant pas provoqué un afflux d’intérêt pour les deux députés européens, qui ne progressent pas dans le classement ce mois-ci.
Toutefois, cette pratique peut donner lieu à quelques critiques. Ainsi Nathalie Kosciusko-Morizet a-t-elle été critiquée pour son live-tweet du défilé du 14 juillet. Quoi qu’il en soit, l’usage de Twitter pendant les cérémonies officielles pose la question du protocole : quelle place pour l’envoi du SMS (version Sarkozy) ou du tweet (version NKM) quand le politique est en fonction officielle ?
Classement d’audience
#1 NKM – 6931 followers – 333 messages – 50% de @
#2 Benoît Hamon – 2917 followers – 333 messages – 32% de @
#3 Daniel Cohn-Bendit – 2159 followers – 25 messages – 0% de @
La progression de Dany Cohn-Bendit semble reposer uniquement sur l’attraction du nom et sur l’effet des récentes européennes. En effet, le député européen se démarque par une appréhension de l’outil très étonnante à ce niveau-là du classement : 25 tweets en 6 mois et aucune démarche dialogique engagée avec les autres utilisateurs de Twitter.
#4 Vincent Peillon – 1963 followers – 82 messages – 5% de @
#5 Laurent Wauquiez – 1618 followers – 205 messages – 9% de @
#6 Michel Barnier – 1551 followers – 87 messages – 5% de @
#7 Alain Lambert – 1412 – 991 tweets – 59% de @
Alain Lambert, le sénateur geek et 2.0., continue d’importer les méthodes qui ont fait la réussite de son blog : un véritable intérêt pour la plate-forme de microblogging, une parfaite compréhension de la logique sociale du web, et une grande abondance dans la production de contenus : près de 900 tweets en un mois et demi ! Attention cependant, le sénateur de l’Orne est parfois aveuglé par sa technophilie, contrairement à ce qu’il a pu dire, la plateforme de microblogging ne vas pas révolutionner la communication politique, et encore moins le monde.
#8 Anne Hidalgo – 803 followers – 355 messages – 20% de @
#9 José Bové – 720 followers – 34 messages – 8% de @
#10 Laurent Fabius – 604 followers – 60 messages – 0% de @
#11 Gérard Collomb – 509 followers – 144 messages – 0% de @
#12 Harlem Désir – 462 followers – 93 messages – 2% de @
#13 Catherine Trautmann – 430 followers – 96 messages – 0% de @
#14 Jean-Paul Huchon – 375 followers – 30 messages – 3% de @
#15 Romain Blachier – 368 followers – 3077 messages – 41% de @
Classement de présence
Quels ont été les Twitteurs politiques les plus cités au cours des dix derniers jours ? Pour rappel, nous ne comptabilisons que les citations qui s’apparentent à des messages personnellement adressés, c’est-à-dire celles qui sont précédées d’un @.
#1 Alain Lambert – 362 citations
#2 Nathalie Kosciusko-Morizet – 219 citations
#3 Benoît Hamon – 133 citations
#4 Romain Blachier – 78 citations
#5 Yannick Favennec – 27 citations
#6 Sébastien Séméril -22 citations
#7 Nicolas Perruchot – 14 citations
#8 Jean-Luc Romero – 7 citations
#9 Jean-Christophe Fromantin – 5 citations
#10 Daniel Cohn-Bendit – 4 citations
Ce qui ressort de ce classement de présence, c’est que la présence sur Twitter n’est en aucun cas acquise sur le « nom » du politique. Ce mois-ci, Laurent Wauquiez et Anne Hidalgo disparaissent du classement de présence, tandis que Daniel Cohn-Bendit chute largement. A l’inverse, d’autres Twitteurs politiques moins connus, tels Yannick Favennec, député UMP de la Mayenne, et Sébastien Séméril, adjoint au maire PS de Rennes, ont des taux de replies qui montrent la compréhension de la logique d’échange de Twitter. Lorsqu’on discute et qu’on échange, on est interpellé naturellement. Ce qu’ont très bien compris les trois premiers du classement depuis plusieurs mois.
Le mois prochain, la saison politique redémarre ! Spintank mettra à jour la méthodologie de son classement et sa charte graphique. N’oubliez pas de retrouver notre nouveau classement début septembre, tout beau et tout bronzé !
Spincase – Cartographie de la circulation de l’info sur Twitter : HADOPI et le Conseil Constitutionnel
Posté le 15 July 2009 par Julien Rivet dans la catégorie : Sur le Web
Tags : étude de cas, hadopi, Twitter, viralité
Le 10 juin dernier, le Conseil Constitutionnel a censuré une partie substantielle du projet de loi Création et internet (HADOPI). L’annonce a eu lieu officiellement à 17h. Elle a naturellement circulé en ligne de manière ultra rapide, empruntant notamment l’espace le plus naturel pour la diffusion publique d’infos : Twitter.
Après la représentation des retombées de la mission de Richard Descoings sur les lycées, nous avons relevé et étudié dans le détail la circulation de cette information précise, dans les heures autour de la décision du Conseil Constitutionnel. L’objectif : comprendre la dynamique de diffusion de l’information, d’amplification, isoler les différentes étapes, et identifier les acteurs-clefs de cette diffusion. Saisir, aussi, l’impact des mécaniques propres à Twitter, et notamment la fonction de « retweet » (RT).
Un petit point méthode tout d’abord. Nous utilisons Pearltrees de manière différente cette fois-ci, en réalisant une carte dynamique des tweets et des liens qu’ils entretiennent. De cette manière, nous pouvons à la fois nous rendre compte du bruit généré par l’annonce de la censure d’HADOPI, et de la manière dont l’info circule, est amplifiée à l’écho. Nous pouvons également identifier les nœuds de réseaux. On peut enfin avoir une vue privilégiée du cheminement de l’info : Twitter favorise-t-il le circuit court tweet-retweet, ou tweets isolés, ou bien peut-il propager une information en circuit long et innerver la « twittosphère » ?
Comment avons-nous réalisé la carte ?
1) Le corpus d’étude est constitué des tweets qui ont utilisé le hashtag #hadopi. Cela ne représente évidemment qu’une fraction de tous les tweets émis sur ce sujet le mercredi 10 juin, mais une fraction déjà importante, et surtout, centrale.
2) Naturellement, les comptes verrouillés n’apparaissant pas dans le moteur de recherche de Twitter, nous n’avons pas pu y avoir accès.
3) Enfin, nous avons réalisé la map du mercredi 10 juin à 12h au mercredi 10 juin à 20h, de manière à mesurer le cheminement de l’information en germination (12h-17h), en déploiement (17h-19h), et en refroidissement (19h-20h)
Comment lire la carte ? La carte est organisée comme une horloge : les premiers tweets tout en haut, les derniers tweets en bas, en naviguant dans le sens des aiguilles d’une montre. Il suffit de cliquer sur chaque pearl pour dérouler les messages publiés pendant la plage horaire dédiée. Lorsqu’ils sont trop nombreux, nous les avons rangés en sous-pearls : l’heure est ainsi subdivisée en plusieurs séquençages de plusieurs minutes (cf. 17h-18h). A l’intérieur des pearls ou sous-pearls, les tweets sont organisés par heure d’émission : les premiers de l’heure en haut, les derniers en bas, en suivant encore une fois le sens des aiguilles d’une montre.
Etant donné qu’il y a beaucoup de tweets sur la map, pensez à bien fermer les pearls avant d’en ouvrir d’autres, afin de faciliter la navigation !
Focus. Un peu plus de 800 tweets ont été hashtagués #hadopi entre 12h et 20h, ce qui représente, en volume global (tweets hashtagués et non hashtagués) un nombre considérable de messages. Comme l’ont relevé certains Twitterers, la censure d’Hadopi par le Conseil Constitutionnel n’est pas parvenue à entrer dans les trending topics (mise en avant d’un sujet sur la homepage d’un compte Twitter pour signifier que ce sujet a été abordé dans les tweets un grand nombre de fois en un laps de temps réduit : phénomène du buzz), mais dans la mesure où les trending topics sont mesurés au niveau mondial, on peut soulever l’hypot hèse qu’Hadopi était à ce moment-là le sujet le plus twitté en France.
Nature des tweets
Qu’ont tweeté les twitteurs le mercredi 10 juin entre 12h et 20h ? Nous avons classé les tweets émis en trois catégories : info, analyses, et LOL.
- Info: Tous les tweets partageant une info, accompagnée ou non d’un lien, exclusive ou non, ont été rangés dans cette catégorie.
- Analyse: Plus à froid, les tweets rangés dans cette catégorie partagent un lien vers un blog, font la promotion d’un billet, commentent la nouvelle (typiquement: «La riposte graduée a été censurée, mais la loi est passée»)
- LOL: Le fail Hadopi a été largement critiqué, moqué, ou tweeté avec une joie intense et communicative: tous les tweets satiriques, moqueurs et parodiques ont été classés dans cette catégorie.

De 12h à 16h, le faible volume de tweets favorise la circulation d’informations exclusives. L’annonce est encore en germination, empêchant l’analyse et la satire de se déployer sur Twitter.
De 16h à 17h, l’annonce de la censure se fait plus précise, et les analyses du scoop à venir commencent à être tweetées, mais l’on reste majoritairement dans la publication d’informations.
De 17h à 18h, le rapport s’équilibre : la publication de l’annonce peu après 17h et l’annonce de la conférence de presse de Christine Albanel un peu avant 18h entrent pour moitié dans le volume total des tweets émis pendant cette heure. Immédiatement après l’annonce, les premiers commentaires à chaud sur la décision du Conseil Constitutionnel arrivent dans le flux des tweets, tandis que le sarcasme reste encore contenu, globalement circonscrit à l’expression de tweets jouissifs sur le « fail » d’Hadopi.
De 18h à 20h, la tendance s’inverse complètement. La part des informations recule nettement dans la répartition des tweets. L’annonce de la censure d’Hadopi disparaît quasi totalement au profit des tweets reprenant des verbatims de la conférence de presse ou des déclarations de différents hommes politiques. Les analyses reculent également : les premiers billets de blog commencent à apparaître et les analyses à froid sur les suites de la décision font leur entrée dans le flux des tweets. Deux exemples : le billet de blog de Tristan Nitot (17h – 18h > 17h34 – 17h38) et le décryptage d’Henry Michel (18h – 19h > 19h31 – 19h42). Le recul de la part « info » s’opère au bénéfice de la part « LOL », qui compte pour moitié dans la part des tweets.
Au total, la circulation de l’information totalise un peu moins de la moitié des tweets émis, les analyses un quart, et les tweets sarcastiques un peu moins d’un tiers. Cela montre que Twitter sert principalement de réseau de diffusion autour de cet événement (avec d’autres usages en continu, il peut être beaucoup plus social). La part importante des tweets sarcastiques agit comme un « unificateur social » qui permet de consolider la twittosphère anti-Hadopi autour d’une idée forte à tendance mimétique : les jeux de mots sur Hadopi, l’importation du vocable geek « fail », ou la caricature des tics de langage de Christine Albanel (« Anéfé »), ainsi que d’autres traits d’esprit, participent de cette propagation du mème langagier.
Bouche-à-oreille ou paroles individuelles ?
Twitter est-il en mesure de servir de réseau de diffusion de l’information autonome d’utilisateur à utilisateur, ou est-il dépendant de sources d’information mainstream ? C’est une question fondamentale à laquelle l’étude de cas de l’annonce de la censure d’Hadopi permet de donner des éléments de réponse.
Nous avons choisi d’étudier le ratio entre ce que nous appelons les « prises de parole » (un tweet publié de manière autonome par un twitteur qui ne tient pas l’information qu’il diffuse du réseau Twitter) et les RT, qui permettent de suivre la circulation de l’information à l’intérieur du microcosme de Twitter.

De 12h à 16h, la part de RT dépasse celle des prises de parole. Ceux qui détiennent l’information encore à l’état de rumeur la partagent, et commencent à être retweetés, comme Guillaume Champeau. De 16h à 17h, l’imminence de l’information accroît encore la prépondérance des RT sur les prises de parole individuelles : dans la mesure où l’annonce de la censure est encore à l’état de supposition, Twitter sert de relais d’information, en mode rumeur autour de quelques leaders d’opinion (Guillaume Champeau, Samuel Laurent, Maelis Jamin-Bizet).
A partir de 17h, le bruit s’amplifie. Les prises de paroles s’amplifient également : 300 prises de paroles avec un hashtag #hadopi. La publication de l’information sur les sites des grands journaux diminue alors l’importance des passeurs d’info. Dans cette architecture de la circulation de l’info, le circuit court est privilégié, même si quelques exemples de circuits longs sont à noter (mais ils concernent des retweets uniques de retweets uniques, impliquant donc moins de personnes).
A l’inverse, la publication d’informations nouvelles s’accompagne d’une reprise d’écho qui fait émerger une organisation en liens et fait sortir du schéma global de juxtapositions de prises de paroles isolées. Plusieurs exemples : l’annonce du concert gratuit contre Hadopi du 15 juin par Fabrice Epelboin génère de nombreux retweets (17h – 18h > 17h06 – 17h09 > Fabrice Epelboin), comme la publication par Zetwitte du communiqué officiel du Conseil Constitutionnel (17h – 18h > 17h42 – 17h45).
La structure des canaux de circulations corrobore cette vision : la majorité des retweets se fait en circuit court (tweet-retweet). Lorsque la diffusion de l’information s’étend à 3 ou 4 degrés de retweets, l’information est partagée par un nombre décroissant de twitteurs à mesure qu’elle se diffuse. Sur la map, il n’y a aucun exemple de diffusion d’une information par arborescence (un tweet, 2 RT, puis 4 RT au second degré, etc), qui permettrait de conclure que Twitter est en mesure de se structurer en un véritable réseau de propagation d’informations publiées par les twitteurs eux-mêmes.
Twitter, démocratie ou aristocratie ?
Tout twitteur peut-il être le point de départ d’un circuit d’information ? La question en amène une seconde : la prolifération d’une info dépend-elle de sa nature ou de l’autorité de son émetteur ?
Sur la map, l’impact d’un tweet dépend moins de l’information qu’il contient que du statut de celui qui l’émet. A publication d’information identique, le nombre de retweets varie de zéro à plusieurs. Parmi les 300 prises de positions individuelles émises entre 17h et 18h, seules 21% sont retweetés. Parmi les messages retweetés, 57% ont un RT unique, et seulement 20% sont amplifiés par un large écho (à partir de 3 retweets).
Ceux dont certains tweets sont immédiatement colportés à un large écho disposent d’une forme d’autorité numérique : Guillaume Champeau de Numérama, Samuel Laurent, journaliste au Figaro.fr et bien inséré dans la blogosphère geek ou Tristan Nitot, de Mozilla Europe :



L’autorité d’un twitteur dépend également de l’étendue de son auditoire numérique : plus le nombre de followers est grand, plus l’écho a de chances de se produire et de faire du bruit. Guillaume Champeau, en dépit d’un statut privilégié qui lui permet de détenir des informations exclusives, dispose d’un nombre de followers relativement réduit (160 followers au 10 juin). A l’inverse, la blogueuse Maelis Jamin-Bizet, qui ne fait pas partie des « institutionnels » d’Hadopi, a été largement retweetée avant 17h grâce à l’étendue de son réseau (354 followers au 10 juin) :

Cela rappelle curieusement l’étude publiée au début du mois de juin par le blog d’Harvard Business et concluant que 90% des tweets étaient émis par 10% des utilisateurs. Alors, existe-t-il une aristocratie du tweet ? Le cas d’Hadopi montre en tout cas clairement que des autorités thématiques sont identifiées, et qu’elles vivent numériquement de l’impact de leurs publications.
Pour voir la carte, cliquez ici.
Le classement des politiques sur Twitter – mai/juin 2009
Posté le 17 June 2009 par Nicolas Gosset dans la catégorie : Sur le Web
Tags : communication politique, politique, Twitter
Après la campagne des élections européennes, et suite aux panorama du mois d’avril, il est temps de faire un nouveau point sur la présence de nos hommes et femmes politiques sur le réseau Twitter.
Peu de changements majeurs ces temps ci. Quelques arrivants (Alain Lambert, Christophe Béchu, Jean Jack Queyranne), quelques stagnations ou manque d’activité de la part de certains politiques, et des confirmations de tendance : Nathalie Koziusco-Morizet s’envole, un peloton disparate de leaders reste, Daniel Cohn-Bendit sort du lot dans la foulée du 7 juin. Et quelques politiques non candidats aux européennes se sont lancés.
Illustration : If Kim Jong-il was on Twitter… (via Digg)
Après le débat lancé à la suite de notre premier classement, nous en publions deux. Le premier prend comme critère l’audience de chaque politique (la taille de son réseau), le second prend en compte leur “présence” sur le réseau Twitter, c’est à dire le nombre de fois où leur nom d’utilisateur est cité dans les 10 derniers jours. Contrairement à l’initiative de l’agence Burson Marsteller pour son site de monitoring TweetElect09, nous avons pris en compte l’ensemble des messages publiés, pas seulement ceux qui contenaient un hashtag. Notre méthode inclue donc les utilisateurs les moins technophiles, qui sont de plus en plus nombreux.
Méthodologie : les comptes ont été analysés entre le 12 et le 16 juin 2009, nous avons utilisé le moteur de recherche de Twitter pour mesurer la présence et le site Tweetstats, pour évaluer l’insertion dans la conversation (le % de @)
Classement par audience (nombre de followers)
1. Nathalie Kosiusco Morizet – 4051 Followers – 152 Messages – 32% de @
La Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique continue de caracoler en tête de notre classement, avec plus de 4 000 followers. Sur son compte, elle parle de son activité de ministre : rencontres, séances de travail à l’Assemblée nationale, messages de mobilisation pour les européennes… Elle s’y exprime aussi sur des sujets plus privés : commentaires sur la météo, conseils de lecture ou de restaurants. Clefs du succès : une appréhension personnelle de l’outil, une réelle abondance de publication, et une interaction (oui, la Ministre prend le temps de répondre à certains messages, ce qui en fait quasiment une exception, quand la plupart de ces collègues sont dans l’émission pure et simple d’information). L’écueil associé, c’est parfois l’impression de plus lire une geekette-écolo qu’une ministre, mais ce ne doit, après tout, pas être si éloigné de la vérité…
2. Benoit Hamon – 1496 Followers – 165 Messages – 11% de @
On retrouve dans les messages du porte-parole du parti socialiste le même style que lors de ses discours ou de ses passages médias. Benoit Hamon tweet relativement peu, et transmet humeurs (parfois sombres, ou qu’on sent mauvaise) et agenda. En suivant ces messages Twitter, on a parfois du mal à imaginer à quoi correspond son activité d’homme politique. On s’étonne de ce qu’il ait été aussi peu disert et prosélyte pendant la campagne européenne (à l’image de son blog) : faut-il y voir un indice de son échec électoral ? Que Benoît Hamon positive : avec une utilisation plus forte des liens, un peu d’ouverture aux autres et un peu d’entretien de son réseau, il pourrait devenir le premier politique sur Twitter en peu de temps, et bénéficier de l’attention de plusieurs milliers de personnes.
3. Vincent Peillon – 1414 followers – 73 messages – 4% de @
A l’inverse de Benoit Hamon, le député européen joue collectif sur son Twitter, il y parle beaucoup de ses rencontres, et de ses déplacements (médiatiques ou politiques). Un peu plus de variété dans les contenus, et de personnalisation, serait sans doute bienvenus (cela sent un peu trop le twitter tenu par l’assistant-e). Spintank félicite le député européen fraichement élu : l’image de fond de son twitter, qui l’annonçait “député européen, Sud-Est”, depuis trois mois, correspond enfin à la réalité.
4. Michel Barnier – 1197 followers – 83 messages – 4% de @
Pas de commentaires sur le compte de notre client. Le silence post-élections a été regretté par certains. Le challenge sera de transformer le Twitter d’un candidat en celui d’un député européen de plein exercice.
5. Daniel Cohn-Bendit – 1139 followers – 25 messages – 0% de @
La figure emblématique de la liste Europe Ecologie profite du bruit généré par sa liste en fin de campagne, malgré son faible niveau d’engagement sur la plateforme (8 messages en mai), son audience a doublé en moins d’un mois. un signe, parmi d’autres, du fort intérêt suscité par le leader des verts. Un peu plus de fréquence, et la même liberté de ton pour rendre compte de l’actualité européenne, et “Dany le vert” a tout pour devenir une star de l’espace public numérique

6. Laurent Wauquiez – 1047 followers – 172 messages – 9% de @
7. José Bové – 433 followers – 322 messages -9% de @
8. Laurent Fabius – 360 followers – 42 messages – 0% de @
9. Gérard Collomb – 346 followers – 131 messages – 0% de @
10. Catherine Trautmann – 342 followers – 96 messages – 0%
11. Harlem Désir – 318 followers – 81 messages – 0%
12. Romain Blachier – 294 followers – 2668 messages – 39%
13. Anne Hidalgo – 290 followers – 156 messages – 13% de @
L’adjointe au marie de Paris passe de la 24ème à la 13ème place. Elle a publié plus de 120 messages depuis notre dernier classement. Sur son compte, on peut suivre son action à la mairie de Paris, beaucoup de liens vers son blog mais aussi vers des sites d’acteurs institutionnels ou associatifs. Tout comme N.Kosiusco-Morizet, une part importante de ses messages ( + de 10%) sont des réponses à d’autres twitterers. Anne Hidalgo est une des rares politiques à faire un usage complet de la plateforme (liens, photos, réponses…), cela explique son succès.
14. Jean Luc Bennahamias – 249 followers – 60 messages – 6% de @
15. Jean-Paul Huchon – 246 followers – 30 messages – 3% de @
22. Alain Lambert – 115 Followers – 70 messages – 34% de @
Inscrit depuis le 2 juin, Alain Lambert, familier du web social et pionnier des (bons) blogs politiques, est très actif sur twitter : commentaire sur l’actualité, réponses, jeux de mots… Le sénateur retrouve les clefs du succcès d’un media social, qu’il avait déjà expérimentées sur son blog : abondance, engagement personnel, mise de plain pied avec son lectorat, ouverture et liens. On attend avec impatience des liens sur la LOLF depuis twitter : ce serait une première ! Alain Lambert cherche même à monter un réseau de parlementaires sur Twitter. Pourquoi pas une sorte de TweetCongress français ?
Le classement de présence
Combien de fois les noms d’utilisateurs des politiques ont été cités dans les 10 derniers jours ?
1. Nathalie Koziusco Morizet : 223
2. Benoit Hamon : 178
3. Alain Lambert : 75
4. Daniel Cohn-Bendit : 60
5. Laurent Wauquiez : 43
6. Romain Blachier : 31
7. Anne Hidalgo : 14
8. Michel Barnier : 8
9. Sandrine Bélier : 5
Si les deux premières places de ce classement correspondent à celui de l’audience, on observe des différences : Alain Lambert, avec moins de 200 followers, a déja créé son réseaux autour de lui, ces messages sont repris, et on l’interroge pour avoir son avis sur tel ou tel sujet. A l’inverse, Vincent Peillon, avec près de 1500 followers n’est présent que dans 3 messages ces 10 derniers jours… pour améliorer cela, nous recommandons au professeur de philosophie de plus dialoguer avec son audience, mais aussi de s’emparer des sujets qui font débats sur internet, comme la loi Hadopi ou les troubles en Iran par exemple.
Campagne des européennes. 1. la création
Posté le 15 June 2009 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags :
C’est parti pour une petite série de billets de debriefing post-élections européennes, pour prendre du recul sur ce qui s’est passé. Commençons par le léger, le sympathique, la création.
En France, dans une élection, la communication dispose traditionnellement de peu de moyens de créations. C’est évidemment une illusion partielle : rien n’interdit à toute campagne d’embrasser le potentiel infini du web pour produire, ou inciter ses soutiens à imaginer des tonnes de supports créatifs pour valoriser son message. C’est juste que les contraintes pesant sur la communication politique ont longtemps pesé sur les équipes de campagne, qui se concentraient essentiellement sur la production d’un discours, à destination des media, et des meetings.
Dans cette campagne, l’exercice créatif s’est essentiellement porté sur les vidéos. Vidéos officielles, donc, et vidéos “virales”, en ligne. Le reste de la production a été mou. Affiches atones, pas de signature de campagne marquante, pas de site web original…
La tendance marquante, dans les vidéos, c’est l’impact du web sur la création. De fait, la plupart des vidéos ont emprunté aux codes nés dans l’espace public numérique, pour les transposer dans leurs spots officiels de campagne, diffusés à la télé (et sur le web).
Ainsi, par exemple, le front de gauche a emprunté aux codes des clips en motion design, qu’on voit fleurir (jusqu’à l’écoeurement, tant chaque mode donne lieu à trop de répétition, en ligne). Signes typographiques, apparition de figures papier, symboles sur le discours, c’est l’ère du post-powerpoint, la pédagogie appliquée aux écrans. Un peu désincarnée, toutefois, quasi virtuelle, mais véritablement créative et détonnant par rapport aux codes habituels de communication du Parti Communiste.
Election Européenne Lipdub Europe Écologie vote le 7 juin
envoyé par EuropeEcologie. – Regardez d’autres vidéos de musique.
UMP 2009 : clip officiel de campagne – version courte
envoyé par ump. – L’actualité du moment en vidéo.
Le cheval de Troie de la mondialisation bullocratique
envoyé par L_pour_Libertas. – L’info video en direct.
Le 7 juin, je vote – le clip de campagne Île-de-France
envoyé par michelbarnier. – Regardez les dernières vidéos d’actu.



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