Designing Obama, un livre participatif
Posté le 25 June 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Chez Spintank
Tags : obama, participation
Nous avons reçu cette semaine chez Spintank une jolie surprise. Il s’agit d’un livre. Mais pas vraiment un livre comme les autres.
Designing Obama est un livre particulier, à plus d’un titre. C’est un livre qui parle de notre époque. Et, au-delà de son sujet, c’est aussi ce qu’est ce livre, au-delà de l’objet, qui nous intéresse. Comme son nom l’indique, Designing Obama traite en effet de l’univers visuel, de l’identité et de la création graphique qui a entouré la campagne de Barack Obama. Ce n’est pas le seul livre en ce sens : d’autres s’y sont essayés. Mais peu avec la combinaison suivante :
- il a été écrit, compilé, rédigé, édité, par Scott Thomas, qui était le responsable de l’identité visuelle de la campagne ;
- il n’a pas été financé par un éditeur classique, mais dans une démarche de souscription, participative ;
- il a entièrement édité, imprimé, géré par Scott Thomas lui-même (et ses amis).
Cela en fait autre chose qu’un livre de plus sur Obama. C’est le livre de son directeur artistique, de A à Z. Et c’est le livre de tous ceux qui ont cru dans son projet, lancé un peu en l’air au début, puis sérieusement, de compiler dans un bel ouvrage ce qui fut une des campagnes les plus créatives et professionnelles du point de vue de la création.
Tout à commencé sur Kickstarter. Cette plateforme s’impose comme un espace extraordinaire pour lever des fonds, rassembler des soutiens, autour de tous types de projets. Vous souhaitez lancer Diaspora, un Facebook libre ? Vous y lèverez 200.000 dollars en quelques jours. Vous souhaitez, comme Scott, éditer un livre sur ce qui vous a occupé pendant deux ans ? Pareil. Scott a recueilli 84.000 $ de commandes, avant même que le sommaire de son livre ne soit écrit. Spintank en était : nous avions envie de ce livre, et nous avions envie d’aider Scott dans ce projet, même avec une participation symbolique.
Sur la base de cette petite vidéo :
Sur un an, Scott aura fait tout le boulot : lever les fonds, vendre son projet, écrire, récupérer et éditer les images, faire une maquette exceptionnelle, et imprimer, puis expédier un livre extraordinaire. Celui que nous avons les mains, aujourd’hui, est magnifique. Couverture, maquette, impression soignée, détails qui donnent envie de le conserver comme un objet exceptionnel. Tout cela a été fait par un homme, dans son garage, avec l’aide de volontaires et passionnés, et l’envie de ceux qui étaient derrière lui.
Scott a connu des difficultés. Il ne savait pas imprimer un livre, ne connaissait pas les bons imprimeurs, il a eu une masse de boulot incroyable. Mais il avait derrière lui 1312 personnes un peu folles, qui lui avaient fait confiance. Il les tenait au courant, leur indiquait ses problèmes, sur son blog. Parfois, ça a discuté ferme. Le temps a été long, mais Scott nous a engagés avec lui dans cette belle aventure. Et ça a marché. Tout simplement parce que scott a fabriqué un produit extraordinaire, en l’expliquant, en constitutant autour de lui une communauté, en étant très respectueux d’elle, après l’avoir engagée, et en tentant en permanence de lui rendre plus qu’elle n’avait donné.
C’est réussi. Et c’est une des belles histoires de ce qui se passe avec le web. Je n’ai jamais rencontré Scott Thomas (j’aurais presque pu, mais on s’est ratés). Il m’est familier à présent, je lui ai filé un coup de main pour son projet, il m’a rendu un livre magnifique et chargé d’histoire qui vaut plus que les 100€ que Spintank y a consacrés. Sans le web, Scott aurait été un lointain personnage dont j’aurais peut-être pu entendre parler dans un article de journaliste. Là, on se tutoie, à présent.
Donc, si vous voulez voir une des seules éditions françaises de ce livre collector, il suffit de nous rendre visite…
Pour d’autres images du livre, le mieux est de remonter à la source.
E-réputation : construire. Oui, mais comment ?
Posté le 24 June 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Chez Spintank
Tags : e-réputation, ereputation
Nous l’avons dit dans un billet récemment, et dans une publicité, qui est parue aujourd’hui dans Stratégies : une e-réputation, ça ne se nettoie pas, ça se construit. On nous objecte : oui, mais comment ? Sous l’air de dire : c’est bien beau de nous dire ce qu’il ne faut pas faire, mais si on avançait ?
Avançons.

Construire sa e-réputation, ça peut se faire en quelques étapes.
1. Dresser la synthèse
Quelle est la synthèse de votre réputation en ligne ? Pouvez-vous la visualiser, au-delà de cette fameuse première page de résultats ? Quelle est l’expression à laquelle sont confrontés les différents publics qui cherchent de l’information sur vous, ou à former leur jugement à votre égard ? Il faut dépasser les résultats narcissiques de ce que dit Google de votre nom.
Faire le bilan, c’est donc explorer d’abord la demande, adopter le point de vue de vos publics, et faire ressortir, puis analyser, ce qui est produit par le web à votre égard. Visualiser ce que le web dit de vous, dans sa variété, et en faire la synthèse. L’enjeu, également, c’est de mettre ça en images et en indicateurs, pour pouvoir le piloter par la suite. Faire la photo, pour pouvoir juger et piloter, ensuite. Et identifier les priorités, les décalages de narration entre ce que le web dit de vous, et le portrait idéal que vous aimeriez voir.
Chez Spintank, on appelle cette étape Imagetank (parce qu’on aime bien les noms qui reprennent un bout de notre propre nom). Si vous voulez que nous vous le présentions, c’est très facile de prendre contact avec nous.
2. Comprendre le système
Une fois qu’on a la vision de synthèse, et l’analyse stratégique qui va avec, il faut comprendre d’où elle provient. C’est que cette masse d’avis, d’expressions, d’informations, d’opinions qui forment votre réputation, en ligne, provient d’un système d’opinion complexe, unique pour chaque acteur. Qui sont les émetteurs d’information et d’opinion à votre égard ? Quels sont les acteurs centraux, les périphériques ? Quels sont les publics suractifs, maillés, et ceux qui sont absents ?
L’enjeu, c’est de se donner une intelligence de votre écosystème en ligne. Sans elle, on peut courir, faire des trucs, du buzz, mais il sera difficile de construire durablement une réputation en ligne. La cartographie de votre écosystème poursuit cet objectif : identifier vos publics, comprendre leurs logiques, identifier les menaces, et les opportunités qui résultent de ce paysage.
Avec ces deux premières étapes, vous pouvez y aller : vous avez bien compris ce qui se passe en ligne, vous avez compris ce que ça produit, et où vous pêchez. Vous pouvez définir un plan d’action.
3. Agir
C’est là que ça se complique.
L’action, elle est totalement différente dans chaque cas. Se concentrer sur des moyens est également insuffisant. Il faut commencer par définir son objectif : où ai-je envie d’être, dans six mois, un an. Pas en termes quantitatifs, mais bien sur le fond : que doivent dire mes publics de moi, demain ? Quelle place puis-je y prendre.
On peut ensuite organiser l’action, en quatre grandes familles.
- l’optimisation de ma présence institutionnelle : mon site web permet-il à mes publics de comprendre qui je suis ? Engage-t-il ceux qui produisent de l’information, dans mes publcis, dans la bonne transmission de mon actualité, de mes sujets, de ce que je veux dire ?
- la narration 2.0 : quelle place dois-je prendre, au-delà de mon site corporate, de ma vitrine, pour prendre de l’ampleur dans mon écosystème ? Comment puis-je raconter autrement ce que je fais pour générer des conversations et réactions psoitives à mon égard. On résume souvent celà à ouvrir des comptes sur youtube, lancer un blog, se mettre à twitter. La question, c’est avec quels contenus, qui attirent l’attention et me mettent en position de raconter mon histoire ?
- les relations publiques en ligne : quelles relations puis-je nouer avce ces producteurs d’information ? Comment faire en sorte qu’ils arrêtent de faire circuler cette information totalement fausse, ou relayer cet événement important et symbolique ? Ces clients mécontents, comment puis-je régler leur problème, et leur faire savoir ?
- l’engagement : et mes amis, où sont-ils ? Comment puis-je les engager à mes côtés, pour qu’ils produisent avec moi un halo positif, relaient mon actualité, deviennent des avocats actifs dans l’espace public numérique ? Souvent, c’est par leur absence que se constitue une réputation uniquement négative, là où elle est le fruit d’un marché libre, ‘un rapport de force de l’information.
Chacune de ces problématiques appelle une réponse différente. On ne parle pas ici de Facebook, de twitter, ou de référencement. Ce sont des lieux, des moyens, des nécessités, qui doivent découler d’une vision.
Rassurez-vous : ça va vite. On comprend bien ce qu’il y a à faire quand des tâches apparaissent, des rumeurs circulent, ou des décalages importants existent. Parfois, une seule action simple peut faire beaucoup de choses ; à d’autres moments, il faudra mettre en oeuvre une véritable armada, et une démarche qui dépasse la communication.
4. Piloter
Enfin, il ne faut pas se contenter de lancer une opération, ponctuelle, sur le fondement d’une photo, mais de durer, et donc, de piloter. Le web est un organisme vivant, qui évolue vite. Il faut donc veiller, écouter l’évolution de ce que dit votre environnement, faire régulièrement le point sur sa production de synthèse, et adapter votre plan d’action. prévenir les prochaines crises, traiter en direct l’expression de mécontentements ou de demandes permet de prévenir l’agrégation de contenus négatifs, ou la mobilisation de publics mécontents. Et ça se fait bien, simplement. Lancer un projet, sans l’adapter en continu, c’est taper à côté. Tout se passe dans l’adaptation réactive de l’exécution à la réaction du web.
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Ca vous parait lourd, difficile, compliqué ? Pas tant que ça. Ça demande un peu de méthode, mais elle est à la portée de quiconque veut aborder ce sujet au-delà des questions techniques, avec un regard lucide sur ce nouvel environnement. Mais c’est essentiel : votre réputation, à présent, dépend de ce qui se passe dans cet écosystème, qui devient le moteur de l’espace public, la courroie d’entrainement de votre environnement, et sa mémoire. Ca peut valoir le coup d’y consacrer un peu de méthode…
Orange lance 2424actu Foot avec Spintank
Posté le 11 June 2010 par guillaume dans la catégorie : Chez Spintank
Tags : Coupe du Monde, Twitter
A l’occasion du lancement de son dispositif spécial Coupe du Monde, 2424actu l’agrégateur d’information d’Orange, a convié 25 blogueurs fans de foot et utilisateurs de Twitter pour une rencontre sportive sur la pelouse du Parc des Princes !
2424actu Foot est un dispositif exclusif qui permet de suivre la Coupe du Monde de football sur Twitter, disponible à l’adresse http://foot.2424actu.fr. Ce service propose un zoom sur les échanges de messages et une série de statistiques qui permettent de voir d’un coup d’œil ce qui fait la “Une” de Twitter sur le sujet football. Sérieux ou léger, du buzz à l’info exclusive, tout ou presque est sur 2424actu Foot.
Spintank a accompagné 2424actu dans la conception et la réalisation de la plateforme, ainsi que dans l’opération de lancement destinée aux fan de foots sur Twitter.
Nicolas Vanbremeersch dans “Le Débat”
Posté le 28 May 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Chez Spintank
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Pour ses trente ans, la revue Le Débat, fondée par Pierre Nora, publie un hors-série reposant la question de sa naissance : “de quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ?”. PIerre Nora et Marcel Gauchet m’y ont invité à répondre à cette question, avec carte blanche, aux côtés des répondants d’alors (comme Jean-François Bizot, Jean-Pierre Dupuy, François Ewald, ou Olivier Mongin) et de dix-sept personnalités qui “ont l’avenir devant elles”.
J’ai utilisé cette carte blanche pour tenter de poser la question de l’intellectuel à l’heure du numérique. Mais ce sont surtout les réponses des autres qui valent la lecture. Idéal pour une lecture d’été, de week-end, dans une divagation qui fait prendre conscience du temps qui passe, et un peu du temps qui vient. Retrouvez-le chez votre libraire préféré, ou ici.
L’apéro Facebook ou l’éternel retour de la « jeunesse » désordonnée
Posté le 17 May 2010 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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L’image de Facebook est de plus en plus contradictoire. D’un côté se répand la critique « geek », dénonçant un réseau tentaculaire qui accapare les données privées à fin de marketing et qui veut prendre le contrôle du web. De l’autre se développe la critique gouvernementale, qui reproche au contraire à Facebook sa désorganisation, son absence de centralité, le manque d’un responsable qui pourrait signer – et payer les dégâts des « apéros géants » (et ce d’autant plus que les récents changements des conditions d’utilisation ont retiré les « pages » des mains de leurs créateurs pour les apporter aux communautés).
Image paradoxale d’un lieu de socialisation devenu massif alors qu’il tient, finalement, ses promesses : rapprocher des gens au-delà de leur cercle d’amis (d’ailleurs un épiphénomène au regard de l’usage principalement privé et fermé du réseau, qui consiste à partager ses petites photos de vacances à un cercle légèrement élargi – histoire que votre patron puisse vous voir en bikini). Et surtout caricature médiatique qui s’échauffe sur un phénomène banal parce qu’il est brandé Facebook, alors qu’il n’est que le produit d’une époque qui se regarde elle-même de travers.
Pour preuve, cet extrait d’un mémoire sur les « bravades » en pays varois dans la première moitié du XIXème siècle :
« Enfin apparaît lors de la fête [patronale] un pouvoir qui n’est ni permanent ni officiel, celui de la “jeunesse”, pour employer le terme d’Ancien Régime, organisation spontanée ou faiblement structurée sous forme de confréries. Car à l’occasion de nombreuses fêtes, les jeunes se livrent à un simulacre de levée militaire afin d’honorer le saint par des décharges de mousqueterie : c’est la fameuse bravade provençale, salves d’honneur qui donnent à la procession une apparence militaire. D’où d’inévitables conflits de préséance, d’intérêt, d’autorité, qui amènent les pouvoirs publics à s’inquiéter, jusqu’à déplacer préventivement une brigade de gendarmerie sur les lieux, considérant qu’il s’agit là d’une situation dangereuse.
(in Albert Giraud, Des bravades qui tournent mal, de la fête à l’emeute en pays varois- PDF) »
Bien sûr, les décharges de mousqueterie sont d’une nature plus violente que les beuveries, mais parions qu’elles correspondent exactement à « l’apéro », situation limite, ni franchement légale ni foncièrement illégale, portée par une pratique massive et qui nargue volontiers l’autorité constituée. La culture Facebook, légère et irrévérencieuse tout autant que moutonnière et suiveuse s’ajuste donc parfaitement avec cette culture du défi de la « jeunesse » ; et le réseau n’est qu’un outil qui structure l’émergence spontanée d’un mouvement de foule qui n’a au fond pour lui que l’intérêt du mouvement, du groupe et de cette promesse de perte de contrôle.
On ne trouvera dans ces apéros pas grand-chose de neuf : ni dans le procédé de copie, d’une ville à l’autre (qui a toujours existé), ni dans le lien du « virtuel » au « réel », qui a lui aussi toujours existé, ni dans l’aspect massif de ces rassemblements : les pique-niques qui se déroulent chaque été au champ de Mars répondent au même principe de mimétisme. Seules nouveautés : l’ampleur et la rapidité du feuilleton médiatique, qui, parce que l’événement est estampillé « Facebook » (pimentée par un décès, qui incarne ici la puissance néfaste du réseau), gagne un intérêt, et que la réaction politique, prompte à survaloriser la menace de ces réseaux librement organisés.







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