Messieurs de France 24, vous souhaitez, dans un élan affiché de modernité, vous rapprocher des blogueurs, des internautes. Vous insérer dans un réseau, vous appuyer sur ces individus, pour qu’ils deviennent des relais. En témoigne le pré-lancement effectué auprès des blogueurs.
Pour bénéficier au plein de « l’effet réseau » de la blogosphère, le plus simple serait déjà de commencer par leur permettre de parler de vous. Or, comme le relève bien Jean-Baptiste Soufron, vous interdisez à quiconque d’effectuer un lien sur votre site. Cette interdiction est une aberration totale, une négation de ce qu’est internet, et . David Weinberger ne cesse de le répéter : le web, ce sont des liens. Cette simple recommandation montre un esprit qui n’est pas celui d’internet, lieu de transmission inter-individuelle, mais d’un média bien traditionnel, ancré dans une diffusion de masse.
Pour vous appuyer sur cet effet réseau d’internet, il faut, sinon l’encourager (par des formats acceptables et facilitant la transmission, ce que vous ne faites pas vraiment : votre site ne facilite pas la reprise, la citation, le lien, l’appropriation partielle de votre actualité), au minimum permettre aux internautes de se saisir de ce que vous transmettez, dans leurs discussions. Or là encore, vous interdisez toute citation même partielle de vos contenus.
Comment espérez-vous que les blogueurs se saisissent de votre média si vous ne le permettez pas ? Doit-on lire votre invitation de blogueurs avant lancement comme une simple marque d’un intérêt lointain, à but de « buzz », pour ces internautes, surtout accusés de piraterie ?
Le décalage entre votre discours affiché et la réalité de vos pratiques (par ailleurs perfectibles) ne peut qu’être révélé largement, sur internet. Ce décalage résulte certainement d’empressements ou de manques d’attention, il est encore certainement temps de l’adapter.
Vous pourriez en effet encourager les internautes à se saisir partiellement de vos contenus. Diffuser vous même, de manière décentralisée, des bouts de vos émissions là où sont les internautes, favoriser le partage et le lien. Générer une viralité non plus sur le fait de la chaîne France 24, mais sur ce qui la constitue : ses contenus.
Pourquoi France 24 ne serait-elle pas – vraiment – une des premières chaînes à s’appuyer effectivement sur cet immense réseau d’individus pour se construire ?