Savoir parfois ne pas aller sur Facebook

Il faut savoir parfois ne pas aller sur Facebook. Cette proposition de bon sens, qui aurait eu il y a à peine un an l’assentiment de presque tous les annonceurs nous ferait aujourd’hui passer pour des ringards. Si tout le monde crée sa page, pourquoi pas moi, dit l’annonceur ? Mon concurrent a 30000 fans avec qui il partage sans relâche et mon agence me parle tous les jours de superbes opérations de Coca Cola (et de leur superbe budget, mais là-dessus je suis moins à l’écoute). Alors on y va quand ?

Pourtant, il y a beaucoup de cas où aller sur Facebook ne sert à rien. Sans même parler des erreurs retentissantes, comme la récente crise de Nestlé, combien de pages restent à moitié mortes, laissées en friche, attaquées par les commentaires de spam, heureusement dans l’intimité des 250 fans (ou « qui aiment » comme on dit désormais), qui appartiennent pour moitié à l’annonceur et pour moitié à l’agence ? Combien de pages mal customisées et sans design, sans contenus ni histoire à raconter, où même les informations de base font défaut ? Combien de fausses bonnes idées où seuls les concours et l’appât du gain permettent de grappiller quelques « fans » bien peu fidèles en vérité ?

Aller sur Facebook, cela veut dire en respecter les usages, et en premier lieu l’esprit de partage social léger, positif et souvent superficiel qui fait 90% des interactions du site. Cela implique d’avoir quelque chose à dire à un public plutôt orienté information ou consommation, et pas très motivé par les sujets corporates. Cela demande enfin des moyens d’être visible autrement plus conséquents que le « naturellement viral » wall-to-wall, en commençant par un investissement publicitaire décent pour amener à soi rapidement un premier public. Bref si créer une page consiste à y brancher un pauvre flux RSS pour y pousser les communiqués de presse et attendre de voir ce qu’il passe, c’est une perte de temps et un risque pour l’entreprise : il vaut mieux s’en abstenir.

Au fond il en est de la page Facebook comme des sites internet au début : aller sur le web, c’était avoir un site, point final, et tant pis pour les blogs et les forums qui parlent de ma marque. Il faudrait éviter de refaire cette erreur  – et d’autant plus que le nouveau Facebook est peut être le moyen de développer une présence a minima. Si tout le monde n’a pas vocation à « aimer » mon entreprise, le système de partage de contenus renforcé peut suffire à émerger intelligemment, sur Facebook et ailleurs. Avec ou sans page officielle…

  • http://www.pargatruk.fr pargatruk

    Billet au titre très prometteur mais qui laisse tout de même sur sa faim
    je sais bien (je fais pareil !) que le but du jeu n’est pas de tout dire online mais là franchement, au delà du titre, on apprend pas grand chose si ce n’est pas confirmation que la frilosité des entreprises n’est pas dénué de fondement. ok mais du coup, les lecteurs peuvent se dire : bon, ben puisque même des pro le disent, je suis conforté dans ma volonté de continuer à ne rien faire sur les médias sociaux.
    Résultat, ils n’ont pas besoin de vous, de nous, les consultants susceptibles de les accompagner pour développer une stratégie de présence réflechie sur la toile sociale.
    Bref, un tel billet billet non abouti, n’est-il pas une manière de se tirer une balle dans le pied (du modèle éco) à la hauteur de l’épaule ?!?! ;-)
    Pargatruk

  • guillaume

    La frilosité des entreprises n’est en effet pas dénuée de fondement, mais cet excès de frilosité que tout le monde déplorait encore récemment s’est transmué en un excès d’enthousiasme parfois désordonné et contre-productif.

    Ce n’est donc pas qu’une question de « bien faire » vs « mal faire », ni de dire à nos clients « allez y avec nous sinon vous allez échouer », c’est une question de ne pas faire. Constatons simplement que dans la communication corporate, beaucoup d’entreprises n’ont rien à faire sur Facebook. Nestlé n’avait rien à y faire et a payé cher pour l’apprendre.

    L’enjeu n’est donc pas d’écrire un énième billet donnant des techniques de consultant web, que chacun pourra trouver un peu partout d’ailleurs, car au fond cela n’avance pas à grand chose tant qu’on ne mesure pas la problématique particulière de nos client. Problématique qui implique parfois qu’on évite Facebook.

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