Quelques nouvelles de Spintank
Posté le 12 juin 2009 par Nicolas dans la catégorie : Chez Spintank
Tags : éducation, élections européennes, Communication, communication politique, consultation, europe, participation, politique
Quelques nouvelles de l’agence avant l’été. Deux projets viennent de passer des étapes majeures, d’autres naissent.
Lycée pour tous
Le 20 mars, Lycée pour tous ouvrait. Le 2 juin dernier, Richard Descoings a remis son rapport sur le lycée au Président de la République. Ce rapport est avant tout le fruit de cette grande écoute du terrain. 80 tables rondes ont été organisées, dans 76 départements, avec en filigrane la plus grande d’entre elles, celle du web. En un peu plus de deux mois, le site a accueilli plus de 500.000 visites. Chacun pouvait venir proposer, commenter, noter les idées des autres, professeurs, personnels, parents d’élève, lycéens. Le volume de cette consultation en fait une des plus importantes qui ait été menée sur un sujet de politique publique en France (et même en Europe). Elle a mêlé terrain et web dans une logique commune. Et la qualité a été au rendez-vous, avec de nombreux débats argumentés, jamais hostiles.
Le dialogue se poursuit sur Lycée pour tous, vos remarques, critiques et questions à Richard Descoings y sont les bienvenues. La suite devrait intervenir rapidement. Pour spintank, ces deux mois et quelques de consultation ont été intenses, passionnants, et riches d’enseignements sur ce qu’est une consultation qui marche.
Les élections européennes
Dimanche dernier, un tout petit peu plus de 40% des électeurs français se sont déplacés pour élire leurs députés européens, avec les résultats que l’on connait. Cette campagne a été jugée atone, en retrait. Nous pensons qu’elle a été riche. Évidemment, ce n’est pas une campagne présidentielle, évidemment, l’affrontement et le grand débat n’a pas vraiment eu lieu. Mais cette campagne, qui était la première grande campagne électorale post Obama, a été intéressante, pour ce qu’elle a appris sur le rôle du web, sa cristallisation, son utilisation par les partis. Accompagner la liste qui a effectué le meilleur score de ces élections a été une expérience dense et, là encore très riche d’enseignements.
Nous allons revenir sur cette campagne et le rôle du web dans une série de billets, le temps de laisser reposer notre expérience.
En attendant, aujourd’hui ouvre chez spintank un nouveau projet de consultation. Dont nous espérons vous donner des nouvelles très bientôt…
Twitter upside down
Posté le 23 avril 2009 par Nicolas dans la catégorie : Chez Spintank, Sur le Web
Tags : Communication, jeu, spintank, Twitter
Que faire du twitter de spintank ?
On en discute depuis pas mal de temps. La pratique de twitter est courante, pour nous, individuellement, et pour de nombreux clients, tant en territoire de veille qu’en conseil pour de bonnes stratégies. Mais comment le cordonnier peut-il se chausser ? Faut-il la jouer collectif ? Relayer l’actu de l’agence, appeler à X ou Y, émettre une veille ? Nous ne le croyons pas : twitter est avant tout un outil de contact interpersonnel, humain. Nous avons nos comptes, chacun d’entre nous, le faisons à titre personnel. Pas besoin d’un de plus.
Seule solution : jouer.
Chaque outil social, de la plateforme de blog au réseau social, a connu des détournements. Twitter plus que tout autre. Initialement conçu comme un outil de partage d’humeur et d’état d’esprit, il a été utilisé pour un nombre incalculable de choses différentes, de l’information à l’alerte policière, du militantisme au mapping.
Notre envie est donc simple : détourner twitter de son usage, de ses codes. S’appuyer sur des éléments qui sont devenus des standards rapidement (les hashtags, les reply, les direct messages, la liste des followers et les protocoles de sociabilité - je te suis, tu me suis - en vigueur). Volonté de détourner aussi le caractère chronologique, l’ordre d’apparition. Jouer avec l’outil.
Le twitter de spintank sera un lieu de détournements, et d’expérimentations.
Pour l’ouvrir, nous avons joué avec un code fondamental : la mosaïque des “following”, ces petites icônes qui indiquent, quand on consulte un compte, qui est l’auteur, par le jeu de son réseau. Repérages : il suit machin, il est dans telle sphère. La mosaïque, quand on consulte twitter par le web, c’est un des éléments qui attirent l’œil en premier.
Détournement, donc. Voici notre mosaïque, façon puzzle.
L’image ? Un hommage à la sérendipité, et à notre twitterlove : une illustration, un peu à la manière d’un Charles Harper, par Rodrigo Fuenzalida, bel oiseau bleu qui rappelle le oh-so-famous twitter bird. Emprunt et hommage à cet illustrateur et graphiste de grand talent, qui parait si proche, depuis son Venezuela. Et puis, ce bel oiseau, tellement fifties, n’est il pas proche du house bird de Charles & Ray Eames, qui semble avoir - au moins partiellement - inspiré l’oiseau de twitter ?
Et des chaises Eames, il y en a chez spintank.
Deuxième détournement, en superposition à l’image : jouer avec les comptes, et reconstituer une phrase avec les 36 contacts. Laissez filer la souris pour démasquer la phrase qui serpente. Un petit jeu avec lequel on pourra s’amuser, également…
Troisième, enfin, avec un texte d’accueil inversant la logique chronologique de twitter. Nous avons posté l’accroche du cluetrain manifesto, des parrains du web, Weinberger, Searls, Locke. Il y a dans ce texte des idées qui nous inspirent encore. L’occasion de fêter le dixième anniversaire de ce texte, paru bien avant que l’on ne parle de web 2.0…
Geekerie ?
Inversion de logique, nonsense, détournement d’usage. Une geekerie, gratuite, un jeu avec la participation aux usages sociaux, un peu à la manière - en très modeste - du hack de 4chan sur le classement de Time des most influential people in the world, qui montre que le web, et twitter en particulier, est aussi un terrain de jeu, de potacheries, de performances qui nous amusent, nous surprennent…
Bienvenue sur le twitter de spintank. Dans les prochaines semaines, nous pourrions continuer à jouer avec cet outil, le détourner, et lancer quelques expérimentations… Suivez le compte…
Le classement des politiques sur Twitter - mars 2009
Posté le 1 avril 2009 par Nicolas Gosset dans la catégorie : Sur le Web
Tags : 2009, classement, Communication, communication politique, politique, Twitter
Twitter est l’outil qui émerge sur internet en ce début d’année 2009. Fondé en 2006 aux Etats-Unis, il permet à ses utilisateurs de publier des messages de moins de 140 caractères. Nous n’entrerons pas ici dans une définition technique de Twitter, nous ne parlerons pas non plus de son utilité, d’autres l’ont déjà mieux fait, et nous vous recommandons ces lectures
Les politiques se sont rapidement intéressés à cet outil, Barack Obama en a fait un canal de diffusion pendant sa campagne pour la présidence des Etats-Unis. En France, nos élus, emboitant le pas des journalistes, commencent doucement à s’y mettre. Nous avons donc eu l’idée à Spintank de faire un classement des élus politiques français, pas (seulement) pour distribuer des bons et des mauvais points, mais pour tenter de comprendre pourquoi et comment les politiques utilisent ce nouvel outil. Palpitt a dans le même mouvement publié des recommandations très utiles
Illustration : Souvent en avance sur les tendances du web, Libération évoquait déja Twitter comme outil de communication politique en août 2008
Méthodologie : De nombreux classements existent déjà : Twitterholic, Twitgrader, la plupart sont fondés sur l’audience des utilisateurs : le nombre de followers et parfois l’influence de ces derniers (mieux vaut être suivi par Loïc Le Meur que par micheldu91). Cette comptabilité n’est pas la meilleure, mais elle a le mérite d’être simple et efficace. Pour ce classement des politiques, nous avons pour l’instant retenu comme seul critère le nombre de followers, même si d’autres sont pertinents :
- l’utilisation des liens : Twitter est une plateforme très ouverte sur le reste de l’internet, avec ce qu’on appelle les “raccourcisseurs d’URL”, beaucoup de messages sont en fait des “liens éditorialisés” vers des articles, des vidéos ou des billets de blogs etc.
- L’insertion dans la conversation : Il s’agit de mesurer (en pourcentage du nombre total de messages publiés), le nombre de tweets qui sont des réponses à un autre utilisateur. Pourquoi est-ce important ? Comme les blogs, Twitter est un média de conversation, répondre aux autres utilisateurs, c’est avant tout montrer qu’on les écoute. Pour mesurer ce critère, nous avons utilisé Tweetstats.
D’autres paramètres existent sûrement, vos suggestions sont les bienvenues dans les commentaires de l’article.
Le classement de mars 2009
1. Benoit Hamon - 616 followers, 139 messages
Le député européen bénéficie d’un avantage majeur sur Internet : l’ancienneté, C’est le premier politique d’envergure nationale à avoir ouvert un compte sur Twitter. N’hésitant pas à converser avec son audience, il semble s’être désintéressé de l’outil puisque son dernier message date du 26 février, ce qui risque de décevoir une partie de son audience.
Premier message : Avril 2008
Nombre de messages en mars 2009 : 0
Insertion dans la conversation : 12 %
2. Michel Barnier - 503 Followers, 46 messages
Le ministre de l’agriculture et de la pêche s’est rapidement fait une bonne place dans la « Twittosphère », étant client de l’agence dans le cadre de la campagne des élections européennes, nous lui réservons la primeur de nos conseils
Premier message : Janvier 2009
Nombre de messages en mars 2009 : 12
Insertion dans la conversation : 7%
3. Laurent Wauquiez - 230 followers, 55 messages
Déjà pris en flagrant délit de « mise à jour de statut Facebook pendant un conseil des ministres” en octobre 2008, le secrétaire d’Etat à l’emploi utilise Twitter pour indiquer ses déplacements, à noter qu’il semble tenir lui-même à jour son compte, via son iPhone
Premier message : Janvier 2009
Nombre de messages en mars 2009 : 36
Insertion dans la conversation : 2%
4. Daniel Cohn-Bendit - 146 followers, 12 messages
La tête de liste en IDF pour la liste « Europe Ecologie » retrouve sa notoriété médiatique sur Twitter, avec seulement une dizaine de messages, il se place 4ème de notre classement
Premier message : mars 2009
Nombre de messages en mars 2009 : 12
Insertion dans la conversation : 0%
5. Romain Blachier - 136 followers, 1844 messages
Le maire adjoint du 7ème arrondissement de Lyon, blogeur depuis de nombreuses années, mélange messages privés et activité politique sur son compte. Il publie régulièrement des liens vers des articles d’actualité ou des billets d’autres blogs.
Premier message : Avril 2008
Nombre de messages en mars 2009 : 239
Insertion dans la conversation : 35%
6. Gérard Collomb - 133 followers, 88 messages
Le maire PS de Lyon est un adepte des nouvelles technologies, il n’hésite pas à pousser des coups de gueule contre la direction de son parti via Twitter. On trouvera sur son compte de nombreux liens, malheureusement trop souvent vers son blog ou des articles parlant de lui.
Premier message : Mai 2008
Nombre de messages en mars 2009 : 25
Insertion dans la conversation : 0%
7. Laurent Fabius - 128 followers, 19 messages
Jolie percée pour l’ancien premier ministre, malgré la faute majeure consistant à ne suivre aucun autre utilisateur…
Premier message : mars 2009
Nombre de messages en mars 2009 : 19
Insertion dans la conversation : 0%
Après ce « top 7 », on trouve une dizaine d’hommse et de femmes politiques, la plupart sont inscrits depuis moins de 2 mois. Généralement très peu insérés dans la conversation, ils doivent encore faire leurs preuves dans la communauté.
8. Yannick Jadot - 106 followers, 37 messages
9. Philippe Juvin – 72 followers, 370 messages - carton jaune, près des 2/3 de ses messages sont des reprises automatiques de son blog
10. Vincent Peillon – 69 followers, 5 messages - carton rouge, le philosophe est certes député européen, mais pas (encore) dans la région Sud Est…

11. Pierre Larrouturou – 63 Followers, 6 messages
12. Denis Baupin – 58 followers, 45 messages
13. Faouzi Lamdaoui – 49 followers, 5 messages
14. Bernadette Vergnaud - 46 followers, 9 messages
15. Jean Christophe Cambadélis – 46 followers, 5 messages
16. Catherine Trautmann – 42 followers, 15 messages
17. Henri Weber – 26 followers, 16 messages
18. Kader Arif – 25 followers, 1 message
19. Harlem Désir – 24 followers, 4 messages
Absent de ce classement : Sabine Herold et Edouard Filias (pas élus), Luc Chatel (son compte est privé), Martine Aubry, Claude Bartolone et Jean Pierre Raffarin (leur authenticité n’est pas certaine)
Un mot d’ailleurs sur les comptes “fake” : Twitter n’est absolument pas indispensable en politique, néanmoins, des faux compte peuvent nuire à la réputation des élus. Il serait bon que ces derniers “réservent” leur nom (un peu comme on réserve une URL) et surtout affichent clairement leur présence sur Twitter lorsque c’est le cas, en mettant par exemple un widget ou un lien depuis leurs blog.
D’ici le prochain classement, début mai, n’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions, qu’est ce qui selon vous fait l’influence d’un Homme politique sur Twitter ? Plus généralement, qu’attendez vous de leur part ?
Bonus : à la demande générale, voici les compte dses consultants de l’agence présents sur Twitter, pour ceux qui en disposent (ce sont des comptes personnels)
Nicolas - Jordan - Camille - Thibault - Nicolas G. - Mathieu - Julien
Bonus bis : pour tous ceux qui comme moi regrettent que Barrack Obama ne tweet presque plus depuis son élection :

via Digg
Campagne électorale américaine : le bilan ?
Posté le 16 octobre 2008 par Nicolas dans la catégorie : Chez Spintank
Tags : Cas, Communication, politique, Repérages
Dans trois semaines, ce sera plié. sans doute une des campagnes les plus passionnantes de l’histoire politique récente prendra fin. Première campagne où l’espace public numérique aura pris toute sa place et joué un rôle majeur, non confiné aux dimensions annexes, de surprise ou d’émergence particulières, mais totalement intégré à son quotidien, aux mobilisations comme à ce qui a faitt l’agenda de campagne.
Spintank participe à une mission montée par la Fondation Terra Nova sur les techniques de campagne mises en oeuvre pendant cette campagne : que s’est-il passé d’innovant ? Que peut-on retenir et importer comme enseignements pour la communication publique et politique en France ? Comment le web a-t-il bouleversé la pratique de campaigning ? Nous nous rendrons avec une équipe montée par la fondation sur place, pendant et après la campagne, pour rencontrer ses principaux acteurs et comprendre.
Dans l’intervalle, nous avons besoin de vous :
- que retenez-vous de cette campagne ?
- quels ont été selon vous les grands événements, les marqueurs, les moments emblématiques de cette campagne, les “cas” que nous pourrions étudier en détail ?
- quelles techniques de campaigning innovantes avez-vous remarqué ?
si vous voulez nous faire part de vos idées, elles sont les bienvenues. Nous tenterons de chroniquer, ici et ailleurs, cette mission dans son déroulement. En attendant, on profite à fond de la fin du spectacle.
Afghanistan : la grande muette l’est-elle encore ?
Posté le 21 août 2008 par Nicolas dans la catégorie : Sur le Web
Tags : blog, Cas, Communication, crise, Repérages
Drame national de fin d’été : nous avons perdu dix hommes dans une embuscade en Afghanistan. La couverture médiatique de l’événement est habituelle, avec ses images son déplacement officiel relaté, mais, à la télévision, peu de places aux commentaires, analyses, détails techniques et questionnements. Priment l’émotion et l’actualité brute, faute de place. De même dans la presse quotidienne, qui, hormis Le Monde, qui publie un article critique, s’est bornée, les premiers jours, à relater l’événement dans sa forme brute, privilégiant l’émotion à la discussion technique et critique.
Dans un monde sans web, on en resterait là. L’intermédiation avec l’événement se limiterait aux media, et à des transmissions par bouche à oreille sans véritable volume, entre initiés. L’expertise technique et le commentaire approfondi ne passerait pas outre les frontières de certains cercles militaires, peut-être critiques, mais confidentiels.
Mais le web est là. On a connu l’Irak, où, sur la blogosphère américaine sont apprus des centaines de blogs fouillés, critiques, relatant dans le détail les opérations militaires en Afghanistan ou en Irak, accessibles, par le biais de cette transmission de pair à pair, au plus grand nombre. La grand muette américaine a été confrontée à cette profusion de warblogs, devant changer sa communication, en passant du contrôle de l’expression à son cadrage, et à la fourniture de plus de contenu sur les opérations.
En France, peu de warblogs (même si certains émergent). En revanche, un pôle de référence s’est créé sur les sujets de la défense : le blog secret défense de Jean-Dominique Merchet, journaliste en charge des questions de défense à Libération. Phénomène que ce blog, qui tient avant tout au talent de son animateur. Peu à peu, mois après mois, il s’est imposé comme le centre de cette tranmission de l’expertise et des milieux confinés au grand public. Rôle d’interface : il rassemble une large communauté de personnes sensibles aux questions de défense, et, dans le même mouvement, par son style, sa qualité et son ouverture, joue le rôle de passeur à une opinion plus large.
Sur ce blog, les commentaires sont passionnants. C’est ce qui en fait sa force, outre la qualité de l’auteur. Jean-Dominique Merchet est à la Défense ce que Maitre Eolas est au droit : un pôle de rassemblement, où la qualité s’établit aussi dans l’interaction entre les visiteurs, où des points de vue renseignés se concentrent et se confrontent, pour traiter de l’actualité d’un sujet.
Au cas d’espèce du drame afghan, les commentaires sur l’opération montrent une chose : la grande muette ne l’est plus. Les commentaires, chez Merchet, sont souvent le fait de militaires (ou d’anciens), renseignés, techniques, posant des questions riches, pointues, et donc nécessaires. Assister à ces discussions permet au visiteur, en peu de temps, de comprendre les différentes dimensions de l’opération, et de dépasser la version officielle fournie par le gouvernement et l’Etat major des armées. Le blog subit, depuis quelques mois, le contre-coup de l’élargissement de son audience (et de la fin de la modération des commentaires), mais l’échange reste d’un très bon niveau, en général.
Pour preuve, voici le nuage des 150 mots les plus fréquents utilisés dans les 314 commentaires publiés à date.

La richesse lexicale est grande, comme celle des commentaires. Contrairement à des espaces de commentaires plus grand public, on ne voit pas apparaitre de domination nette d’une explication politique : le mot “sarkozy”, par exemple, est d’une absence remarquable. De fait, ce sont souvent des acronymes qui sont utilisés, pour parler des enjeux politiques dans un axe technique : on parle plus volontiers du PR, du CEMA, que de Nicolas Sarkozy ou de Jean-Louis Georgelin.
Ce matériau constitue un observatoire intéressant de l’état du moral des troupes. les militaires s’y expriment librement, sous le couvert de pseudonymes (et sans décliner leur fonction, implicite). Chez Merchet, c’est du surcouf en permanence. De fait, le lien entre le drame afghan et la réforme de l’armée est quasiment tout de suite fait, de même que d’aurtes associations. Cependant, on n’est pas dans un registre de grogne syndicale, mais bien dans de l’analyse de professionnels : pas question ici de s’épancher sans finir sur la fermeture de telle caserne. On parle d’opérations, de moyens, de techniques, de stratégie, pas de problèems d’egos (discipline et responsabilité sont deux maitres mots des militaires).
Plusieurs angles émergent, pour traiter de ce drame afghan, parmi lesquels certains sont notables :
- les moyens inadaptés des forces françaises engagées (VBA, infanterie sans drones, …), le lien entre ces moyens et l’élargissement récent des moyens déployés en Afghanistan, comme avec la réforme des armées en cours, est courant ;
- une critique de la stratégie militaire (mode de guerre américain, fondé sur la visibilité et les grands mouvements de troupes, vs. une logique de guerrilla chez l’ennemi) ;
- une critique de Jean-Louis Georgelin, et de son attitude dans l’interface avec le gouvernement (dans une logique de rapport de forces : la troupe n se sent pas représentée par le CEMA, contre des politiques qui ne comprennent pas).
- le relevé d’une prévisibilité du drame : l’ouverture d’un nouveau théatre d’opérations, dans le nord, faisait craindre depuis longtemps une hausse de la dangerosité des activités, comme le note Olivier, sur XIII.net.
Ce ne sont que quelques axes. Gageons que la DICoD dispose à présent d’un formidable matériau pour récupérer de l’opinion des troupes, plus riche et varié que tout sondage qui puisse être fait auorès des militaires (et de nature différente, complémentaires, de baromètres quantitatifs). Et, en même temps que ce matériau, une réelle menace sur les angles de communication qu’il pourrait souhaiter transmettre à l’opinion…
Reste à savoir adapter sa stratégie de communication communication en fonction de cette ultra-abondance de commentaires et d’expressions renseignées. Pour cela, il semble que les usages de l’Armée et du gouvernement évoluent moins vite que la liberté de parole des militaires face à leurs nouvelles fenêtres d’expression.
[PS : dans les modes de communication originaux en ligne, dans un lien politique et armée, on notera le blog - et twitter - de Philippe Juvin, maire et conseiller général, actuellement en mission en Afghanistan, en tant qu'officier de réserve (santé des armées), et avait justement fait l'objet d'un échange polémique avec Jean-Dominique Merchet]
L’élection Youtube (2008), et la Dailymotion en cours
Posté le 6 mars 2007 par Nicolas dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Benchmark, Cas, Communication, Repérages
Pendant qu’en France, on parle de l’élection dailymotion, les Etats-Unis sont en train de préparer, pour l’année prochaine, l’élection youtube. Jeff jarvis a décidé de suivre cet aspect de l’élection de près à travers un blog dédié, prezvid. Il y suit l’actualité de l’usage de la vidéo en campagne, et la met en perspective d’usage, dans un espace de veille passionnant.
Pendant ce temps, en France, on voit plusieurs stratégies à l’oeuvre dans la campagne française :
Une volonté de contrôle total de l’agenda et du ton par Nicolas Sarkozy, avec sa NSTV qui fleure bon les années 80, une sorte d’ORTF du web. Volonté de contrôle d’une “vraie chaine de télé”, qui est tempérée par la créativité et la volonté de jouer au journaliste fait parfois débarquer des petits couacs dans une machine de communication ultra huilée (pourquoi montrer ainsi l’équipe de jeunes loups de l’entourage de Sarkozy ? Pourquoi cette chaîne libre cours dont certaines vidéos font penser à des canulars ? Pourquoi créer ce drôle de truc, le jour jeune ?), Le format est celui de l’embedded, des coulisses, dans le souci de créer une sorte de connivence avec le spectateur. Spectateur seulement : le candidat ne parle pas directement sur NSTV, il est suivi par des journalistes, intermédié, observé, raconté par des tiers. On montre son équipe, ses locaux, ses déplacements. Il est étonnamment absent de NSTV, désincarné, le spectateur n’y a pas non plus beaucoup de place, de pouvoir. Aspect intéressant, à suivre, les décryptages et la chaîne sur la recherche, contenus rébarbatifs sur la forme, mais qui apportent du débat, du fond dans une chaîne très “publi reportage”. Bref, un OWTNI (objet web télévisuel non identifié).
Coté Ségolène Royal, ce sont aujourd’hui surtout les images officielles qui circulent (plus que les vidéos de Nicolas Sarkozy, semble-t-il). On retrouve, géré par des militants, le site segolene-video, qui reprend tous les passages media de la candidate et les grands discours (il en existe de multiples clones, qui créent un effet d’écho sur le web). Assez peu de reportages en propre, à part ceux, au style étonnant, de FatCat Films, caméra épaule et premiers plans flous, comme pour les fameux voeux web de la socialiste (ça parait déjà si loin !). On attend, il parait, une grande série de petites vidéos qui mettrait en scène les cent propositions. On attend, on attend. Cent vidéos, en six semaines ? La vidéo chez Ségolène Royal, c’est l’inverse de NSTV : peu de contenus propres, pas d’hébergement centralisé. J’émets peu, je limite les contenus à mes discours, et je vous laisse diffuser de proche en proche. Cohérent avec le positionnement “miroir des désirs” et “autonomiste” de la candidate.
Chez Bayrou, sans grand étonnement, on est dans l’entre deux, dans une troisième voie. Le candidat a sa web télé, mais c’est une télé où il privilégie la parole directe, sans interlocuteur. Reportages de campagne non majoritaires, pas de “coulisses”, mais plus d’évocations directes de sa personne et de ses propositions, par lui-même. Il tente donc d’abolir les frontières et de parler directement, ce que Ségolène Royal n’a fait que lors de ses vœux, et que Nicolas Sarkozy ne fait pas, s’adressant toujours à travers l’intermédiaire d’un Frèches ou d’un La Brosse. Il est, de ce point de vue, dans un registre plus proche de la web télé de David Cameron, dans une continuité certaine, également, de son positionnement d’homme sans intermédiaires. Notons que François Bayrou est pour l’instant le seul à tenir des tribunes, derrière son bureau, pour expliquer ce que sont les éléments de son projet aux internautes, “en exclusivité”.
Les télés des candidats en disent beaucoup sur leur approche, leur positionnement. Un patron à l’agenda suractif, une candidate qui se retranche derrière la mobilisation de ses supporters, un homme qui se place directement face au peuple.
Reste à savoir ce que veulent les français, ou, à tout le moins, les internautes. Les approches de Ségolène Royal et FRançois Bayrou semblent plus exploiter des richesses du media et s’appuyer sur la participation des internautes. Il y a par ailleurs dans l’abondance du contenu de la NSTV quelques modes de communication intéressants.
De quoi inspirer une webTV d’entreprise, après les présidentielles, quand on aura pu juger de l’impact de ces tentatives.
Agency.com et son pitch viral
Posté le 12 septembre 2006 par Nicolas dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Communication
De quoi amuser et faire réfléchir un peu les agences et les annonceurs. L’histoire qui a animé le petit monde des agences interactives cet été aux Etats-Unis est un cas d’école passionnant, et assez emblématiques de la culture de ce web 2.0 dont on nous bassine volontiers la tête.
Rappel des faits :
- Subway, distributeur de sandwiches leader aux Etats-Unis, lance une compétition pour créer du buzz. Agency.com, une des grosses agences du secteur, est consultée ;
- un clip apparait sur Youtube, le site de partage de vidéo, mettant en scène l’agence, et les coulisses de la réponse à la compétition : l’agence décide de faire parler d’elle, de faire du buzz directement en ligne ;
- très rapidement, des réponses apparaissent, comme celle, très ingénieuse, de l’agence concurrente (réputée, à juste titre) Coudal Partners (on peut également voir l’excellent film Copy goes here, qui témoigne de la force créative de l’agence), mais aussi d’anonymes (très drôles, caustiques), se gaussant de cette démarche, mais lui donnant également un nouvel écho ;
- la conversaiton enfle sur les blogs professionnels et espaces de discussion des agences, transparaissant évidemment rapidement dans la presse professionnelle ;
- agency.com répond à la parodie et la critique (parfois virulente) en ouvrant un blog.
L’agence a été décriée pour deux choses : sa tentative de faire du buzz sur le dos d’une compétition, et, surtout, la faible exécution, très “premier degré” et un peu mièvre, de la vidéo. Les réponses, de ce point de vue, sont singulièrement plus drôles et incisives que la première vidéo.
La conversation autour de ce sujet a été importante. Agency.com y a gagné en notoriété, s’est placée au centre des discussions, mais a également détérioré ses relations avec une partie de son environnement proche, de sa communauté. Son bilan peut être mitigé, même si la démarche initiale était vraiment olriginale et intéressante.
Que peut-on en déduire pour nos clients ?
- la communication virale qui s’appuie sur les nouveaux espaces et outils de partage entre individus a un potentiel très fort (notamment sur des communautés professionnelles) ; nous n’en doutions pas ;
- pour réussir dans ce domaine (et faire du bruit), il faut désormais innover sacrément (agency.com a vraiment innové en cassant un code déontologique, une pratique des relations professionnelles) ;
- pour réussir pleinement, il faut que l’exécution soit excellente. Il faut surprendre plus que par la simple démarche. Et, de ce point de vue, Agency.com n’a pas vraiment innové dans la forme, en créant par ailleurs une confusion sur son statut : documentaire, parodie légère, ou simple objet promotionnel ?
Chez Spintank, nous aimons bien ne pas simplement “faire un blog”, ou “une vidéo virale”, nous aimons nous attacher à dépasser ce process, pour effectivement faire quelque chose qui marche. Enfin, nous essayons.
Plus sur cette vidéo :
- une discussion intéressante sur directeurartistique.net, en français ;
- le coeur des débats, sur adfreak ;
- le commentaire de Steve Rubel, un blogueur effectivement influent.


Derniers commentaires
Nuage de tags