Campagne électorale américaine : le bilan ?
Posté le 16 October 2008 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Chez Spintank
Tags : Cas, communication, politique, Repérages
Dans trois semaines, ce sera plié. sans doute une des campagnes les plus passionnantes de l’histoire politique récente prendra fin. Première campagne où l’espace public numérique aura pris toute sa place et joué un rôle majeur, non confiné aux dimensions annexes, de surprise ou d’émergence particulières, mais totalement intégré à son quotidien, aux mobilisations comme à ce qui a faitt l’agenda de campagne.
Spintank participe à une mission montée par la Fondation Terra Nova sur les techniques de campagne mises en oeuvre pendant cette campagne : que s’est-il passé d’innovant ? Que peut-on retenir et importer comme enseignements pour la communication publique et politique en France ? Comment le web a-t-il bouleversé la pratique de campaigning ? Nous nous rendrons avec une équipe montée par la fondation sur place, pendant et après la campagne, pour rencontrer ses principaux acteurs et comprendre.
Dans l’intervalle, nous avons besoin de vous :
- que retenez-vous de cette campagne ?
- quels ont été selon vous les grands événements, les marqueurs, les moments emblématiques de cette campagne, les “cas” que nous pourrions étudier en détail ?
- quelles techniques de campaigning innovantes avez-vous remarqué ?
si vous voulez nous faire part de vos idées, elles sont les bienvenues. Nous tenterons de chroniquer, ici et ailleurs, cette mission dans son déroulement. En attendant, on profite à fond de la fin du spectacle.
Afghanistan : la grande muette l’est-elle encore ?
Posté le 21 August 2008 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : blog, Cas, communication, crise, Repérages
Drame national de fin d’été : nous avons perdu dix hommes dans une embuscade en Afghanistan. La couverture médiatique de l’événement est habituelle, avec ses images son déplacement officiel relaté, mais, à la télévision, peu de places aux commentaires, analyses, détails techniques et questionnements. Priment l’émotion et l’actualité brute, faute de place. De même dans la presse quotidienne, qui, hormis Le Monde, qui publie un article critique, s’est bornée, les premiers jours, à relater l’événement dans sa forme brute, privilégiant l’émotion à la discussion technique et critique.
Dans un monde sans web, on en resterait là. L’intermédiation avec l’événement se limiterait aux media, et à des transmissions par bouche à oreille sans véritable volume, entre initiés. L’expertise technique et le commentaire approfondi ne passerait pas outre les frontières de certains cercles militaires, peut-être critiques, mais confidentiels.
Mais le web est là. On a connu l’Irak, où, sur la blogosphère américaine sont apprus des centaines de blogs fouillés, critiques, relatant dans le détail les opérations militaires en Afghanistan ou en Irak, accessibles, par le biais de cette transmission de pair à pair, au plus grand nombre. La grand muette américaine a été confrontée à cette profusion de warblogs, devant changer sa communication, en passant du contrôle de l’expression à son cadrage, et à la fourniture de plus de contenu sur les opérations.
En France, peu de warblogs (même si certains émergent). En revanche, un pôle de référence s’est créé sur les sujets de la défense : le blog secret défense de Jean-Dominique Merchet, journaliste en charge des questions de défense à Libération. Phénomène que ce blog, qui tient avant tout au talent de son animateur. Peu à peu, mois après mois, il s’est imposé comme le centre de cette tranmission de l’expertise et des milieux confinés au grand public. Rôle d’interface : il rassemble une large communauté de personnes sensibles aux questions de défense, et, dans le même mouvement, par son style, sa qualité et son ouverture, joue le rôle de passeur à une opinion plus large.
Sur ce blog, les commentaires sont passionnants. C’est ce qui en fait sa force, outre la qualité de l’auteur. Jean-Dominique Merchet est à la Défense ce que Maitre Eolas est au droit : un pôle de rassemblement, où la qualité s’établit aussi dans l’interaction entre les visiteurs, où des points de vue renseignés se concentrent et se confrontent, pour traiter de l’actualité d’un sujet.
Au cas d’espèce du drame afghan, les commentaires sur l’opération montrent une chose : la grande muette ne l’est plus. Les commentaires, chez Merchet, sont souvent le fait de militaires (ou d’anciens), renseignés, techniques, posant des questions riches, pointues, et donc nécessaires. Assister à ces discussions permet au visiteur, en peu de temps, de comprendre les différentes dimensions de l’opération, et de dépasser la version officielle fournie par le gouvernement et l’Etat major des armées. Le blog subit, depuis quelques mois, le contre-coup de l’élargissement de son audience (et de la fin de la modération des commentaires), mais l’échange reste d’un très bon niveau, en général.
Pour preuve, voici le nuage des 150 mots les plus fréquents utilisés dans les 314 commentaires publiés à date.

La richesse lexicale est grande, comme celle des commentaires. Contrairement à des espaces de commentaires plus grand public, on ne voit pas apparaitre de domination nette d’une explication politique : le mot “sarkozy”, par exemple, est d’une absence remarquable. De fait, ce sont souvent des acronymes qui sont utilisés, pour parler des enjeux politiques dans un axe technique : on parle plus volontiers du PR, du CEMA, que de Nicolas Sarkozy ou de Jean-Louis Georgelin.
Ce matériau constitue un observatoire intéressant de l’état du moral des troupes. les militaires s’y expriment librement, sous le couvert de pseudonymes (et sans décliner leur fonction, implicite). Chez Merchet, c’est du surcouf en permanence. De fait, le lien entre le drame afghan et la réforme de l’armée est quasiment tout de suite fait, de même que d’aurtes associations. Cependant, on n’est pas dans un registre de grogne syndicale, mais bien dans de l’analyse de professionnels : pas question ici de s’épancher sans finir sur la fermeture de telle caserne. On parle d’opérations, de moyens, de techniques, de stratégie, pas de problèems d’egos (discipline et responsabilité sont deux maitres mots des militaires).
Plusieurs angles émergent, pour traiter de ce drame afghan, parmi lesquels certains sont notables :
- les moyens inadaptés des forces françaises engagées (VBA, infanterie sans drones, …), le lien entre ces moyens et l’élargissement récent des moyens déployés en Afghanistan, comme avec la réforme des armées en cours, est courant ;
- une critique de la stratégie militaire (mode de guerre américain, fondé sur la visibilité et les grands mouvements de troupes, vs. une logique de guerrilla chez l’ennemi) ;
- une critique de Jean-Louis Georgelin, et de son attitude dans l’interface avec le gouvernement (dans une logique de rapport de forces : la troupe n se sent pas représentée par le CEMA, contre des politiques qui ne comprennent pas).
- le relevé d’une prévisibilité du drame : l’ouverture d’un nouveau théatre d’opérations, dans le nord, faisait craindre depuis longtemps une hausse de la dangerosité des activités, comme le note Olivier, sur XIII.net.
Ce ne sont que quelques axes. Gageons que la DICoD dispose à présent d’un formidable matériau pour récupérer de l’opinion des troupes, plus riche et varié que tout sondage qui puisse être fait auorès des militaires (et de nature différente, complémentaires, de baromètres quantitatifs). Et, en même temps que ce matériau, une réelle menace sur les angles de communication qu’il pourrait souhaiter transmettre à l’opinion…
Reste à savoir adapter sa stratégie de communication communication en fonction de cette ultra-abondance de commentaires et d’expressions renseignées. Pour cela, il semble que les usages de l’Armée et du gouvernement évoluent moins vite que la liberté de parole des militaires face à leurs nouvelles fenêtres d’expression.
[PS : dans les modes de communication originaux en ligne, dans un lien politique et armée, on notera le blog - et twitter - de Philippe Juvin, maire et conseiller général, actuellement en mission en Afghanistan, en tant qu'officier de réserve (santé des armées), et avait justement fait l'objet d'un échange polémique avec Jean-Dominique Merchet]
Quand le buzz s’entrechoque avec la réalité
Posté le 17 June 2008 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : buzz, Cas, Repérages, youtube
Le fabricant d’oreillettes Bluetooth Cardo Systems a un sacré culôt.
Son pop corn buzz a fait un bruit notable, totalisant, à date, plusieurs millions de visionnages sur les plate-formes de partage de vidéo. Le concept, pourtant éculé, a fait mouche : des vidéos dans un style “home made”, intriguantes, et surfant sur un fond de croyance populaire (les téléphones mobiles nuisent à la santé). Malgré une initiation pourtant très lisible rapidement décryptée par les internautes(4 vidéos postées au même moment par de mêmes utilisateurs), le “buzz” a pris assez largement.
Signe de cet ancrage dans l’activité sociale des internautes, l’activité de production de contenus autour de ce “buzz” a largement démarré. L’expérience est testée de nombreuses fois (sans succès, et pour cause), elle est contredite par des dizaines de contre-vidéos (qui alimentent ainsi le buzz, tout en jouant un rôle de contre pouvoir, des vidéos parodiques sont tournées, des réponses amusantes, des contre-buzz, du buzz sur le buzz.
Exemple fascinant de la nouvelle économie du divertissement et de la viralité propre au web social. Avec quelques enseignements à la clef.
1.Le buzz est-il plus fort que la marque ?
Cardo Systems a très bien orchestré son buzz. La révalation rapide de la marque a permis une juste récupération du buzz à son profit. La phase de teasing n’a pas duré trop longtemps (ce qui aurait généré une autonomisation du phénomène), et les vidéos ont vite été renommées pour favoriser la visibilité de la marque. Toutefois, les messages marketing associés semblent avoir du mal à passer : la vidéo montrant la gamme des produits de Cardo souffre d’une association peu heureuse, en termes créatifs, avec la vidéo initiale (musique au mêtre).
Une reprise du buzz initial et un retournement vertueux, jouant avec les produits Cardo, aurait pu permis, outre une simple récupération (à moitié réussie), le développement d’une empathie positive pour la marque. Ici, on reste à mi chemin. Le buzz “celle phones + popcorn” reste plus fort que la diffusion de l’entreprise. Il connait sa propre vie, pourrait devenir un classique du web, le nom de cardo Systems, et le lien à ses produits pouvant s’évanouir avec le temps.
2. Prend-on les internautes pour des imbéciles ?
La mécanique de buzz, grossière (quatre profils d’internautes grossiers créés en même temps) a été très bien lue par les internautes. Pourtant, les utilisateurs, comme benzin513, continuent de faire semblant d’être de vrais contributeurs :
Voilà, Cardo Systems nous a balancé la vraie vidéo.
Après tout première victime du buzz, premier à dffuser l’info…
Ils ont même créé une page web pour ça :
Les blogueurs ont cloué des marques au pilori du web pour de tels comportements peu sincères. La réaction pourrait être désagréable. A ce stade, les internautes sont sereins, se contentant de jouer avec le buzz initial. Gare à leur réaction.
3. Le buzz rebondit sur la réalité
Cardo Systems n’avait sans doute pas prévu l’appel émis dans le JDD sur la dangerosité des téléphones portables, par des autorités sérieuses, ce week-end. Il a joué avec un fond populaire, en maniant l’outrance. La stratégie est risquée, comme le note justement Stan sur PR2Peer : quelle va être la réaction des fabriquants de téléphones portables ? Ce genre de buzz laisse des traces, surtout s’il se trouve validé par des autorités sérieuses dans le monde offline. L’effet d’écho peut induire la rumeur populaire. A court terme, l’effet est positif pour les fabriquants d’oreillettes, qui se trouvent confortés dans leur offre. A moyen terme, le comportement de cardo Systems s’apparente à scier la branche sur laquelle on est assis.
4. Une illustration de l’effet mémoire du web
Sur le web, comme dans la vie, rien ne se crée, tout s’ajoute et se transforme. L’idée du buzz de Cardo Systems n’est en fait qu’un recyclage d’une vieille rumeur du web, comme quoi l’on pouvait cuire un oeuf avec des téléphones portables. Rumeur persistante, trans-frontières, qui laisse des traces, comme en témoignent nombre de commentaires lus sous les vidéos, rappelant que les ondes des téléphones portables sont “les mêmes” que celles d’un four micro-ondes.
L’avenir de ce buzz pourrait s’apparenter à un fond de culture populaire du web, au mieux, ou à une croyance éthérée, que les internautes vont devoir contredire de manière diffuse, dans leurs conversations. Une de plus, à la différence près que celle-ci aura été sciemment créée par une marque. On ne fait pas d’omelette, même avec des téléphones portables, sans casser des oeufs sur le dos de l’activité sociale des internautes…
Participation
Posté le 13 March 2007 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : benchmark, Repérages, Usages
C’est le nouveau mot d’ordre de la communication. Il faut faire participer nos publics à notre avenir, ne plus se contenter de les acouter de manière anonyme, mais montrer, concrètement – et internet en est l’outil – que nous sommes à leur écoute. Fini le sondage anonyme fait en coulisses, place au forum participatif, qui devient une marque d’ouverture, un acte de positionnement en soi, une preuve de l’attitude d’écoute et de collaboration de l’entreprise. Le succès de désirs d’avenir a laissé des traces, a agi comme un révélateur pour les entreprises : les français sont avides d’expression, sur des tonnes de sujets, ils veulent reprendre le pouvoir. Après tout, ne sont-ils pas en train d’en former un cinquième ?
La participation, ceci-dit, n’est pas chose aisée. Ségolène Royal et son équipe l’ont appris : après une période un peu simpliste qui consistait à simplement ouvrir une porte, c’est une mécanique structurée qui s’est mise en place, avec une promesse qui n’était pas celle de la simple expression populaire, mais bien celle d’une influence directe sur la perception de la candidate de la réalité. Il s’agissait de fournir à la future présidente un prisme, une vision de la société et ses problèmes. La mécanique a donc dépassé le simple forum désorganisé : il s’agissait avant tout d’organiser le flux remontant, qui ne tarisse pas les contributions, mais leur donne une perspective de prise en compte légitime. Votes, modérateurs, qualification des contributions, valorisation des participants actifs et utiles à la micro-société des comités désirs d’avenir…
De cet exemple, certains semblent s’inspirer. Las, tout n’est pas nécessairement à reprendre. Surtout, ce qu’il faut reprendre, ce n’est pas tant le simple principe participatif affiché, de manière brute, ou les nuages qui font rêver, que les prérequis d’une mécanique participative. L’entreprise doit s’interroger sur sa légitimité à porter un discours participatif, sur sa capacité à le prendre en compte, à offrir aux propositions de ses publics une terminaison à leur expression.
La banque qui, actuellement, demande aux français ce qu’ils feraient s’ils étaient banquiers a une certaine légitimité à porter un tel discours. La démarche d’appel à contribution est en tout cas en ligne avec le positionnement de “la banque à qui parler”, celle qui s’ouvre, est disponible, écoute. Un peu comme Ségolène Royal est également la candidate à qui parler. On retrouve d’ailleurs la charte graphique de désirs d’avenir, pleine de nuages censés exprimer l’avenir et les rêves les plus fous.
Cependant, le contrat passé avec les participants sur le site n’est pas clair : on tombe non sur un forum participatif, avec une prise en compte future des contributions, un échange entre clients, pour faire émerger des idées nouvelles de ce que serait une banque idéale, mais sur un “jeu concours”, avec un iPod nano 2Go à gagner. On peut consulter d’autres propositions, mais sans les relier à leur auteur, sans pouvoir donner son avis ou dire ce qu’on en pense. Les résultats, d’ailleurs, sont étonnamment sages et sobres, packagés comme des verbatims issus d’une étude.
Une promesse de participation, et un jeu concours en résultat, sans contrat sur ce qui engagerait le Crédit Mutuel. La promesse est duperie partielle. On utilise l’internaute comme un simple alibi de communication, pour faire du spot télé et radio et positionner la marque sur un territoire qu’elle croit légitime. On verra demain fleurir dans la presse quelques résultats de ce sondage, indiquant que les français aiment avoir un interlocuteur unique pour leur banque et leur assurance, ou veulent de meilleurs horaires d’ouverture.
La banque a de la chance : elle a peu d’opposants réels. Si quelques communautés malveillantes s’emparaient de la chose, elles pourraient utiliser ce simulacre de manière très nuisible. Reste que, même sans cette menace, une telle fausse participation limite considérablement le potentiel viral de l’opération.
L’élection Youtube (2008), et la Dailymotion en cours
Posté le 6 March 2007 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : benchmark, Cas, communication, Repérages
Pendant qu’en France, on parle de l’élection dailymotion, les Etats-Unis sont en train de préparer, pour l’année prochaine, l’élection youtube. Jeff jarvis a décidé de suivre cet aspect de l’élection de près à travers un blog dédié, prezvid. Il y suit l’actualité de l’usage de la vidéo en campagne, et la met en perspective d’usage, dans un espace de veille passionnant.
Pendant ce temps, en France, on voit plusieurs stratégies à l’oeuvre dans la campagne française :
Une volonté de contrôle total de l’agenda et du ton par Nicolas Sarkozy, avec sa NSTV qui fleure bon les années 80, une sorte d’ORTF du web. Volonté de contrôle d’une “vraie chaine de télé”, qui est tempérée par la créativité et la volonté de jouer au journaliste fait parfois débarquer des petits couacs dans une machine de communication ultra huilée (pourquoi montrer ainsi l’équipe de jeunes loups de l’entourage de Sarkozy ? Pourquoi cette chaîne libre cours dont certaines vidéos font penser à des canulars ? Pourquoi créer ce drôle de truc, le jour jeune ?), Le format est celui de l’embedded, des coulisses, dans le souci de créer une sorte de connivence avec le spectateur. Spectateur seulement : le candidat ne parle pas directement sur NSTV, il est suivi par des journalistes, intermédié, observé, raconté par des tiers. On montre son équipe, ses locaux, ses déplacements. Il est étonnamment absent de NSTV, désincarné, le spectateur n’y a pas non plus beaucoup de place, de pouvoir. Aspect intéressant, à suivre, les décryptages et la chaîne sur la recherche, contenus rébarbatifs sur la forme, mais qui apportent du débat, du fond dans une chaîne très “publi reportage”. Bref, un OWTNI (objet web télévisuel non identifié).
Coté Ségolène Royal, ce sont aujourd’hui surtout les images officielles qui circulent (plus que les vidéos de Nicolas Sarkozy, semble-t-il). On retrouve, géré par des militants, le site segolene-video, qui reprend tous les passages media de la candidate et les grands discours (il en existe de multiples clones, qui créent un effet d’écho sur le web). Assez peu de reportages en propre, à part ceux, au style étonnant, de FatCat Films, caméra épaule et premiers plans flous, comme pour les fameux voeux web de la socialiste (ça parait déjà si loin !). On attend, il parait, une grande série de petites vidéos qui mettrait en scène les cent propositions. On attend, on attend. Cent vidéos, en six semaines ? La vidéo chez Ségolène Royal, c’est l’inverse de NSTV : peu de contenus propres, pas d’hébergement centralisé. J’émets peu, je limite les contenus à mes discours, et je vous laisse diffuser de proche en proche. Cohérent avec le positionnement “miroir des désirs” et “autonomiste” de la candidate.
Chez Bayrou, sans grand étonnement, on est dans l’entre deux, dans une troisième voie. Le candidat a sa web télé, mais c’est une télé où il privilégie la parole directe, sans interlocuteur. Reportages de campagne non majoritaires, pas de “coulisses”, mais plus d’évocations directes de sa personne et de ses propositions, par lui-même. Il tente donc d’abolir les frontières et de parler directement, ce que Ségolène Royal n’a fait que lors de ses vœux, et que Nicolas Sarkozy ne fait pas, s’adressant toujours à travers l’intermédiaire d’un Frèches ou d’un La Brosse. Il est, de ce point de vue, dans un registre plus proche de la web télé de David Cameron, dans une continuité certaine, également, de son positionnement d’homme sans intermédiaires. Notons que François Bayrou est pour l’instant le seul à tenir des tribunes, derrière son bureau, pour expliquer ce que sont les éléments de son projet aux internautes, “en exclusivité”.
Les télés des candidats en disent beaucoup sur leur approche, leur positionnement. Un patron à l’agenda suractif, une candidate qui se retranche derrière la mobilisation de ses supporters, un homme qui se place directement face au peuple.
Reste à savoir ce que veulent les français, ou, à tout le moins, les internautes. Les approches de Ségolène Royal et FRançois Bayrou semblent plus exploiter des richesses du media et s’appuyer sur la participation des internautes. Il y a par ailleurs dans l’abondance du contenu de la NSTV quelques modes de communication intéressants.
De quoi inspirer une webTV d’entreprise, après les présidentielles, quand on aura pu juger de l’impact de ces tentatives.
SL dans un trend négatif
Posté le 22 February 2007 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Repérages, Usages, web 2.0

Comme tous les phénomènes surexposés, SL s’inscrit dans ce cycle de la hype.
On peut constater que le pic d’inflation est derrière nous et que le trend est plutôt négatif.
Est-ce le signe qu’il va falloir songer à s’intéresser sérieusement à Second Life ?
Second Life est-il le troisième Internet ?
Posté le 20 February 2007 par Justin dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Repérages, Usages, web 2.0
La plateforme de social networking, version pimp my avatar est aujourd’hui au centre de toutes les conversations.
“Alors t’y es allé ? T’as réussi à voler ? T’as dragué des filles ? T’es allé sur l’île de Sarko ?”
Le phénomène SL est également devenu parallèlement à son succès, un laboratoire à fantasmes :
Nouvelle agora politique, nouvel eldorado pour les entrepreneurs et autres investisseurs, et nouvel espace de liberté pour les freaks en tout genre.
Mais aussi nouvel internet ! C’est du moins ce que nous promet Gregory Kapustin, créateur de la webradio Radiodela méduse.org, étudiant à l’Institut des médias de Paris dans un article paru sur dans le Libé du 26 janvier. Celui-ci nous annonce l’avènement de l’internet 3.0 avec l’arrivée de Second Life.
“Si jamais Second Life devenait ce qu’il peut devenir (le nouveau standard du Web), l’entité invisible qu’est l’internaute deviendrait un personnage («avatar») en trois dimensions ; et, au lieu de visiter des pages en tapant leur adresse URL, il naviguerait géographiquement dans un monde virtuel, chaque site web étant devenu une maison, un immeuble, un café, un supermarché, une galerie, selon l’utilité visée.”
Whaou ! Bon, on n’avait déjà pas complètement digéré le web 2.0, et il faudrait déjà passer
au 3 ? Ok…
Certes, l’expérience proposée par SL, naviguer à travers divers environnement, entrer en contact avec d’autres personnes, présente effectivement une certaine analogie avec Internet.
Certes le moteur de recherche incorporé permet de se téléporter instantanément dans n’importe quel lieu, un peu comme avec Google.
Certes ce monde virtuel peut potentiellement regrouper l’ensemble des contenus et des services offerts par le web, social networking, information, commerce, enseignement, divertissement… Tout en les intégrant dans un environnement 3D en perpétuelle évolution.
Donc ce qui diffère finalement par rapport à l’Internet classique, c’est l’incarnation virtuelle de son moi numérique voyageant au sein d’un l’espace modélisé en 3D.
Un peu comme dans Matrix, mais à l’envers…
Mais en réalité, passé le quart d’heure ludique et un peu sexy de la customisation de son personnage, l’incarnation devient vite un énorme handicap en terme de navigation, voire une contingence insupportable.
L’interface nécessite de passer par son avatar pour accéder à une adresse.
En clair on est toujours là où on est, et pas ailleurs. En comparaison, votre navigateur classique vous permet lui d’ouvrir simultanément 40 fenêtres et de passer de l’une à l’autre d’un simple clic.
Contrairement à ce que nous affirme l’auteur, “Bien sûr, on peut se téléporter à un endroit en tapant une adresse simple, on ne perdrait donc pas en rapidité”. Second Life s’il devenait le nouvel Internet, briderait considérablement la mobilité qui nous est offerte aujourd’hui par le Web.
Personnellement ma manière de naviguer revient plutôt à lire mes mails, m’informer sur des blogs, acheter des chaussures sur ebay, tout en consultant mon compte en banque (pour vérifier que je peux bien m’acheter ces chaussures). A ce titre Netvibes semble incarner, si ce n’est le web de demain, une excellente solution de navigation pour aujourd’hui.
Justin (1juste Barbosa sur SL)
Les Français se convertissent en masse à Second Life
Posté le 14 February 2007 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Repérages, Usages, web 2.0
Les Français représenteraient 12,3% de la population totale de SL, ce qui en ferait la deuxième communauté derrière les américains. Cela représente tout de même un total de 150 000 inscrits « actifs », comprenez, qui se sont connectés plus d’une heure au cours du mois passé.
La campagne électorale et l’installation en grande pompe des permanences du FN puis du PS a sans aucun doute participé à donner un éclairage à la fois institutionnel et médiatique à SL, et qui a encouragé de nouveaux publics, pas forcément familiers de ce genre d’univers, à tenter l’expérience.
Cette arrivée massive de nos compatriotes sur la deuxième vie, nous amène à envisager quelques hypothèses :
- Une bulle médiatique particulièrement prompte à se regonfler à chaque (nouveau) phénomène, et qui confine à l’emballement et au panurgisme (les pins, la vache folle, les blogs ?) agirait par effet d’imposition de problématique?
- Les Français possèderaient un gout certain et avéré pour les modèle de sociabilité alternative (second world dès 1995, my space, les bistrots)?
- Les Français n’aimeraient pas tellement leur première (vie)?
Enfin, quelles que soient leurs motivations profondes, les Français contribuent à imposer la présence des Européens sur SL, désormais largement plus nombreux que les Américains.
PS : Question. Qui a recommandé à Sarkozy de ne pas aller sur SL car la communauté française y était trop faible ?
The Wizards of Buzz
Posté le 13 February 2007 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Repérages, Usages, web 2.0
Un article particulièrement intéressant du WSJ sur les principaux contributeurs de digg.com et autres réseaux communautaires d’information du « web 2.0 » tels que Reddit.com, Del.icio.us, Newsvine.com and StumbleUpon.com.
Qualifiés de magiciens du Buzz, ces nouveaux influenceurs possèderaient un pouvoir de prescription considérable, qui suscite de plus en plus la convoitise : ce sont, après les blogueurs, les nouveaux orientateurs de l’information (fonction qu’occupaient les blogueurs historiques aux Etats-Unis, qui étaient plus des directeurs d’attention que des éditorialistes).
On notera notamment dans ce classement la présence d’un internaute de 12 ans, qui déclare contourner les filtres installés pars ses parents sur son PC, pour satisfaire sa passion de Reddit. Ceux qui veulent relancer les pins, scoubidous, puces, pogs, pokemon (et leurs équivalents pour adultes) ont compris qu’infiltrer les sorties d’école et les universités est désormais une perte de temps: il vaut mieux s’approcher de ditryfratboy ou supernova17.
L’influence de ces réseaux, auparavant très confinée aux informations technologiques et aux sujets de la culture geek tend peu à peu à sortir de ce domaine, et à gagner des personnes moins avancées technologiquement. Les histoires qui font la une de digg ne sont plus uniquement les derniers gadgets technologiques ou les failles de sécurité de windows. On y trouve désormais les vidéos spectaculaires de Youtube et informations bizarres.
Ces sites de hiérarchisation et classement communautaire de l’information se sont imposés comme de fantastiques directeurs de trafic et d’attention. En France, on attend toujours le même impact d’un wikio, par exemple.
Second life : faire le point
Posté le 12 February 2007 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
Tags : Repérages, Usages, web 2.0

Depuis quelques semaines, le phénomène médiatique autour de Second Life bat son plein. Pour un conseil en communication, cela fait un peu l’effet de ce qui s’est passé avec le blog en 2005 : tout le monde cherche à savoir s’il faut ou non s’y mettre, et Second Life semble devoir peu à peu prendre sa place dans toute proposition de communication interactive qui se veut à la page.
Nous vous proposons d’essayer d’y voir un peu clair. Second Life est un monde fascinant. Cette fascination ne doit pas mener à l’aveuglement et aux recommandations hasardeuses. Second Life n’est pas l’ibuprofène de la communication interactive : des expériences sont intéressantes, d’autres sont de vrais échecs, et l’ampleur du phénomène incite à la prudence (mais aussi à l’intérêt).
Plongée dans ce monde dans les jours à venir avec une série d’articles. Vous venez avec nous ?
Nicolas (versac Vansant, sur SL)


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