Un exemple frappant d’utlisation de la vidéo en marketing politique

Posté le 15 September 2006 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Sur le Web
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Une nouvelle vidéo commence à faire du chemin, sur fond de guerre en Irak et de mid-term elections.

Sortie le 13 septembre sur youtube, elle a déjà été vue plus de 88.000 fois, et est entrée dans le top 5 des vidéos les plus vues (ce qui, en général, accélère la croissance de l’audience). Son principe : une démonstration très simple : un sénateur (George Allen, républicain, un des potentiels contenders à la candidature présidentielle en 2008) n’a pas voté les crédits permettant d’équiper les soldats en Irak de gilets pare-balles efficaces.

La vidéo dénonce la responsabilité du sénateur (qui a voté contre un crédit d’équipement en avril 2003), et se termine par un appel à sanctionner ce comportement par le vote (avec renvoi sur le site votevets.org). Cette vidéo a également été diffusée sur les chaînes télévisées de Virginie. Elle ne provient pas de son opposant, Jim Webb, mais d’une organisation de vétérans de la guerre en Irak. La vidéo génère une polémique, justifiée : l’accusation est grave, et, semble-t-il, résulte d’une  analyse très partiale du vote de George Allen, en 2003. Le ton monte.

Plusieurs éléments sont riches d’enseignements :

  • dans une élection qui s’annonce très serrée, l’impact de ce genre de campagne peut être décisif. Comme toute annonce du candidat, décryptée et relayée  sur les blogs et sites de partage de vidéo (comme cette polémique sur l’insulte raciste proférée par Allen). Cette élection pour le mandat de sénateur en Virginie est sans doute l’une de celles à suivre aux États-Unis.
  • aux Etats-Unis, un grand nombre d’associations bénéficient d’une exemption fiscale, et ont le droit d’acheter de l’espace publicitaire à la télévision dans le cadre des campagnes électorales (section 527 du IRS code). En 2003-2004, elles ont levé plus de 400 millions de dollars pour leurs activités de lobbying et de pression sur le vote. En France, nous sommes loin de cette peer-pressure. Les parties prenants tierces du débat ont rarement des moyens aussi directs d’interpellation du public.
  • Ceci-dit, le web est – encore – un espace de liberté pour ces tiers du débat (même si la grande muette n’en fait pas vraiment partie, tradition française oblige). Sans aller dans une mobilisation avec des images aussi choc et des accusations aussi graves, on peut regretter l’usage souvent très timoré et traditionnel du web par ces stakeholders. La prise à parti directe et l’appel à la mobilisation sont encore peu répandus.

Le web social offre l’opportunité pour des acteurs périphériques du débat politique de mettre des questions à l’ordre du jour, en s’adressant directement aux publics connectés, en s’insérant dans les conversations en ligne. Peu le font, dans les faits. Par habitude d’autres modes de communication plus traditionnelle, par peur du dialogue, de la perte de contrôle, par la facilité que représente l’envoi de communiqués de presse et de pétitions aux hommes politiques.

Pourtant, en s’adressant directement aux publics en ligne, un groupe de pression a les moyens d’appeler l’attention des media et des politiques, de plus en plus attentifs à ce qui se passe sur le réseau.

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