Un point sur le paysage web politique à destination des américains
Posté le 3 March 2009 par Nicolas Vanbremeersch dans la catégorie : Chez Spintank
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C’est une drôle d’histoire, qui commence en 2001-2002. A cette époque naissent ceux qui deviendront les netroots aux Etats-Unis. Parmi eux, plusieurs figures de tête, leaders, qui s’imposent par leur style ou leur vision du web, et deviendront des signatures majeures, consultants politiques ou fédérateurs de communautés très puissantes. Le plus connu, sans doute, est Markos Moulitsas, le créateur de Dailykos, qui est sans doute une des communautés d’activistes-blogueurs les plus fortes, denses et actives du web politique américain. D’autres figures sont restées des plumes, très courtisées, comme Matthew Yglesias (qui a copmmencé à environ vingt ans, qand il était à Harvard, et blogue maintenant pour thinkprogress, le blog référence du Center for American Progress), ou devenues de vrais petits éditeurs de presse, comme Josh Marshall, qui, avec TPM, donne des leçons de journalisme en ligne à de nombreux vieux journalistes. Il y a aussi Atrios, si influent dans ses allusions, ses liens et commentaires ironiques ou lapidaires qu’il sera un des seuls personnages réels incarnés dans la série The West wing.
Au coeur de cette petite galaxie, il y a Jerome Armstrong, le créateur de myDD (my direct democracy). MyDD est un véritable laboratoire, aujourd’hui un gros weblog collectif, qui concentre tout ce qu’on peut faire d’activisme social en ligne, de critique de la démocratie et des media. Incompréhensible pour le visiteur occasionnel, très puissant poour ses participants. MyDD est au coeur, l’initiateur de toute cette sphère, l’endroit où sont nés des blogueurs devenus depuis des leaders d’opinion bien réels. Jerome Armstrong a même été surnommé le blogfather par Salon. Il sera un des grands inspirateurs de la campagne 2004 d’Howard Dean, et l’auteur, avec Markos Moulitsas du livre Crashing the gate. Ces blogueurs furent mes maitres es-blogging, ceux qui ont formé ma pratique, mes formats. Je les lis toujours, et ils sont toujours en pointe. Rencontrer Jerome Armstrong, lors de la mission Terranova sur les techniques de campagnes américaines, a été un véritable plaisir.
Pourquoi vous raconter cela ? Parce que Jerome Armstrong, le blogfather, m’a récemment interviewé, pour le compte du Huffington Post, pour lequel il tient … un blog. Et que cette interview a été l’occasion d’un tour d’horizon comparatif des espaces politiques en ligne Etats-Unis – France. Les questions que posent Jerome démontrent que l’espace public numérique américain est plus mûr, plus structuré, plus orienté vers un militantisme réel que son équivalent français. A de nombreux égards, les plateformes des partis sont en retard, les grassroots n’existent quasiment pas en France, et les blogosphères des différents camps restent souvent très éclatées, sans que des pôles majeurs (au moins dans le camp du PS comme de l’UMP) n’aient émergé, à l’instar de ces immenses blogs collectifs américains.
Cette interview peut donc être intéressante pour ceux qui s’intéressent à l’espace public numérique : la meilleure façon de le raconter est sans doute de le décrire à un étranger, et un expert du sujet, qui plus est.
Je vous laisse la découvrir. On peut prolonger le débat ici, en français.
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Nicolas Vanbremeersch
PS : pour le plaisir, la publicité pour le livre de Jerome, featuring Markos Moulitsas, qui démontre avec un sens de la synthèse éloquent ce qu’ont apporté les blogueurs au camp démocrate, avant qu’un patron de monte sur la selle de l’âne pour lui donner une direction…

On est encore très loin en Europe, par rapport aux Etats-Unis. Et encore, la France n’est certainement pas la plus en retard dans le domaine de la mobilisation et l’orchestration des forces sur le Web. Chez nous, en Belgique, la blogosphère patine. Le nombre de blogueurs semble stagner.
Cela dit, on évalue encore mal l’impact des plates-formes comme Facebook. Les mandataires politiques, eux, désormais, dissertent tous sur Youtube. Pour finir, grâce au web (entre autres), une poignée de militants dans la ville de Liège ont failli obtenir l’organisation d’une candidature au titre “Capitale européenne de la culture 2015″. Il fallait 19.000 voix, lors de la consultation. Ils en ont recuillis 18.500.
Le web citoyen bougeotte, disons. Mais à quand un Huffington Post européen ?