Le web est un espace public, une duplication numérique des lieux physiques de rencontre et d’expression des opinions. Comment, dès lors, comprendre cet espace, dans ses grandes fonctions ? Les lieux qui composent ce territoire répondent-ils à des logiques qui leurs sont propres ?
Spintank propose un mode de représentation du web, structuré autour de la vocation dominante de chaque espace, et de deux axes de dynamique qui animent l’ensemble.
Le premier axe, l’ordonnée, va du froid au chaud. Du permanent, figé, au dynamique, actualisé. En haut de cet axe, on est dans le registre de la nouvelle, au sens strict du terme. C’est le lieu du statut Facebook, du tweet, du billet d’humeur posté sur un blog. Le bas de cet axe est l’espace des données : databases, pages de présentations statiques…
Le deuxième axe est plus complexe. A l’extrême droite, les émetteurs issus de l’espace public traditionnel : les autorités instituées et les émetteurs d’informations professionnels : universitaires, journalistes, entreprises. Ces acteurs ont répliqué, en ligne, les modes de communication descendants, classiques. L’essentiel est la publication. Peu importe l’interaction. A l’opposée de cette vision, la logique sociale domine : discussion, échange d’informations, d’encouragements, de critiques… La sociabilité est directe : il s’agit du comptoir de café, d’un dîner entre amis, mais en ligne.

Ces deux axes permettent de dégager trois Web distincts, aux fonctions propres, et complémentaires :
- Le Web documentaire : il regroupe des millions de pages statiques, froides, ayant une vocation d’information de référence. Le contenu y est définitif, et prend le pas sur l’interaction qui est inexistante. Il s’agit d’un espace qui rappelle la bibliothèque de quartier, et qui reprend en ligne des documents préexistant au web. Cet espace est immense, et apporte une double nouveauté : l’abondance de l’information et l’égalité d’accès de tous à cette information. Le Web documentaire est l’espace des experts, qui y délivrent leur savoir, sans se soucier de la compréhension par autrui, et sans désir d’échange. Le message est descendant, frontal, à sens unique. La mise à disposition de contenus documentaires s’adapte encore assez peu au Web. Le Web documentaire, aussi vaste soit-il, constitue ainsi une extraordinaire mine de connaissance ne disposant pas encore d’une véritable vie, en ligne.
- Le Web de l’information : il partage avec le Web documentaire cette approche non interactive, mais se situe dans l’actualité et le chaud. C’est le règne du journaliste. On y trouve des sources qui ne participent pas, de manière générale, pleinement à la logique d’interaction et de collaboration du Web. Les contenus produits subissent toutefois une double ouverture. L’ouverture à la concurrence tout d’abord, puisque des milliers d’articles sont accessibles pour les internautes, qui peuvent ainsi comparer, hiérarchiser et se former leur propre opinion. L’ouverture aux commentaires d’autre part, qui viennent questionner les contenus proposés. D’une économie de rareté, l’information est passée à une économie de l’abondance, où ses acteurs doivent composer avec une multitude d’autres émetteurs potentiels, anonymes ou connus, professionnels ou amateurs. La logique de collaboration est donc accrue, et fait du Web un formidable moyen d’approfondissement, de questionnement et (parfois !) de correction rapide des erreurs.
- Le Web social : une immense sphère du web n’est pas faite de matériaux bruts, anciens ou récents. Cette sphère là relie directement les internautes, et répond à une logique d’échange, de partage, de conversation, de rencontre. Le Web social consacre l’internaute comme producteur de contenus à part entière, et ce quelle que soit la nature du contenu : il existe un outil pour chaque type de production. Sur le web social, chacun peut participer, à condition d’être connecté. La participation n’est pas normée : il existe autant de moyens d’expression que d’émetteurs. Deuxième caractéristique : la sociabilité est au cœur des logiques d’échange. C’est l’échange qui nourrit et qui fait vivre, quel que soit le type de participation. Enfin, la publicité est le principe dominant. Chacun peut devenir média. C’est un fait majeur que cette médiatisation de soi, qu’il s’agisse des blogs, de plateformes de partage photos et vidéos ou des réseaux sociaux.
Chez Spintank, nous pensons que la communication corporate se cantonne encore trop souvent aux deux premières espaces. Le Web social, et les logiques d’horizontalité et de collaboration qu’il impose, impliquent d’adopter de nouveaux réflexes, de revoir sa manière de communiquer avec ses publics. C’est sur ce territoire que nous proposons de vous accompagner.