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ASDN | L’usage de l’art dans la Silicon Valley : pour le meilleur et pour le pire ? Rencontre avec Fred Turner le 5 mai 2021 à 17h30

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En tant que communauté de bâtisseurs et catalyseur de connexions, Facebook a beaucoup à apporter au dialogue mondial sur le rôle vital de l’art pour faire avancer les idées et l’innovation”. Cette déclaration de Tina Vaz, responsable des programmes artistiques de Facebook et ancienne directrice de la communication du musée Guggenheim de New York, a de quoi surprendre : pourquoi Facebook, à l’instar de nombreuses entreprises de la Silicon Valley, s’intéresse-t-elle d’aussi près au monde de l’art ? 

Si art et technologie ont toujours été fortement intriqués, l’effervescence des années 1960 aux États-Unis, et plus particulièrement l’émergence de la Silicon Valley, ont fait surgir une tradition d’intégration des nouveaux médias et techniques de fabrication dans les pratiques artistiques. Le MIT, AT&T ou encore Xerox et son célèbre Palo Alto Research Center (PARC) sont notamment à l’origine d’échanges féconds entre artistes et ingénieurs, allant du financement de résidences et de bourses jusqu’au recrutement d’artistes pour ouvrir le champ des possibles.

Mais qu’en est-il de cette relation entre l’art et les entreprises de technologie en 2021 ? C’est à cette question que Fred Turner, professeur de sciences de la communication à l’université de Stanford et fin observateur de l’histoire de la Silicon Valley et des technologies, tente de répondre dans L’usage de l’art de Burning Man à Facebook : art, technologie et management dans la Silicon Valley (traduit en français par C&F éditions, 2020). 

Lorsque Facebook donne carte blanche à des artistes en résidence pour habiller ses locaux à travers le monde ou que des employés de Google consacrent du temps de travail à la préparation de performances artistiques pour Burning Man – regroupement éphémère au milieu du désert californien, qui voit se presser chaque année des milliers d’employés de la Silicon Valley –, ce n’est en rien anecdotique. Pour Fred Turner, cela est symptomatique d’un nouvel usage de l’art au service d’une culture d’entreprise et d’un modèle managérial qui, sous couvert de “changer le monde” et de donner libre cours à son moi profond et à sa créativité, contribue à rendre toujours plus floue la frontière entre vie privée et vie professionnelle et à invisibiliser des relations de pouvoir pourtant prégnantes ; bien loin donc des idées de la contre-culture dont ces entreprises se réclament.

Le think tank Renaissance Numérique et l’agence Spintank vous invitent à débattre de cette thèse particulièrement stimulante en direct sur YouTube en anglais, en présence de Fred Turner, le mercredi 5 mai, à 17h30, à l’occasion de la 42e édition du cycle Aux Sources du Numérique.

Attention, la rencontre se déroulera exceptionnellement intégralement en anglais.

Aux Sources du Numérique, un rendez-vous mensuel, produit avec Renaissance Numérique, autour d’auteurs de livres sur les questions de numérique et société, fort de plusieurs dizaines d’éditions. Chaque mois, nous prenons le temps de rencontrer des auteurs comme Dominique Pasquier, Marie Bergström, Patrice Flichy, Dominique Cardon ou Jean-Gabriel Ganascia, qui éclairent ces grandes questions. À cette occasion, nous produisons des entretiens.

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