« On n’a pas fait assez de pédagogie »

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Voilà déjà le deuxième numéro de notre lettre mensuelle « Des nouvelles de Spintank ». Au programme (toujours) : la communication et la transformation de nos sociétés par le numérique : défis, usages et tendances. Ce mois-ci on parle du trop-plein ou du trop-peu de pédagogie dans la communication ! Pour recevoir les prochains numéros c’est par ici !

Quand un parti perd les élections, quand une réforme est rejetée, c’est toujours parce qu’on a « manqué de pédagogie », ou « pas assez expliqué aux Français ». C’est pourtant une mauvaise habitude que d’attribuer l’échec aux discours plutôt qu’aux faits, sous-entendant que les électeurs ne comprennent rien.

Et pour la com’ alors ? Face à des enjeux complexes, avec une opinion volatile et un risque de crise permanente, la tentation d’en appeler à la pédagogie est forte. Pourtant, loin d’une mission d’éducation, cette « pédagogie » reproduit souvent les mêmes travers en empruntant ses messages à une culture héritée de la publicité, faite de simplification et de répétition, au risque de produire la même exaspération.

Dans un monde numérique foisonnant de capacité d’expérimentation et de solutions, nous pouvons inventer une nouvelle pédagogie, à la fois plus utile et plus efficace ! Comment ? En commençant par trois choses simples : plus d’humilité, plus de complexité et plus de narration.

Plus d’humilité : c’est assumer l’identité de l’émetteur dans son humanité, trouver le ton juste ; c’est créer un discours à hauteur d’homme, respectueux de publics que le numérique a rendu experts.

Plus de complexité : c’est parler à l’intelligence plutôt que d’essayer de trop simplifier ou de réduire le propos ; c’est prendre conscience que les transitions profondes que vivent les entreprises sont des sujets passionnants quand on ose regarder dans les détails.

Plus de narration : c’est trouver le bon angle pour captiver, engager dans un récit, se permettre des écarts, inventer de nouveaux formats longs et durables, plutôt que de se limiter à « la ligne du parti ». C’est donner envie de savoir la suite, en offrant de multiples raisons de vous suivre, dans une ou plusieurs directions.

Pour aller plus loin, on vous recommande :

 

  • … de lire ce très précis et long thread rédigé par un conducteur SNCF. Un exercice spontané de narration qui témoigne bien de la puissance des propos quand on prend le temps d’explorer à fond, mais vraiment, les moindre détails d’une situation complexe (et d’autant plus sur un sujet d’agacement récurrent).
  • … de réfléchir à deux fois avant de fonder toute votre image de marque sur un engagement tellement fort qu’à la moindre contradiction la sentence peut être lapidaire. De l’humilité, on vous dit !

  • … de rétablir un rapport de force avec les « marketeux ». Quand selon Kantar, 30% des Français pensent que toute communication de marque est de la publicité, c’est qu’il est urgent de remettre du sens et de la justesse dans les messages de nos marques.

Chaque mois, on vous parle de la communication et la transformation de nos sociétés par le numérique. Pour recevoir notre newsletter ↓