Sommes-nous condamnés au Salon de l’Agribashing ?

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Voir au-delà du bashing pour embrasser le changement : un défi pour le monde agricole, mais pas seulement ! Nous en parlons dans notre dernière infolettre dont voici un extrait. Pour vous abonner c’est par ici !

Sommes-nous condamnés au Salon de l’Agribashing ?

Le Salon de l’Agriculture 2020 s’est ouvert sur un constat : il n’y a pas un mais des mondes agricoles, qui coexistent et revendiquent la nécessaire évolution de notre agriculture vers des modèles plus durables.

Pourtant, certains voudraient passer outre ces questions. Discuter du modèle, cela serait simplement de « l’agribashing ». Il y aurait ceux qui sont contre les agriculteurs et ceux qui les soutiennent. Certes, le choix d’une posture victimaire porte des fruits à court-terme, en rassemblant contre un ennemi commun. D’autant que la scène médiatique et les réseaux sociaux favorisent les polarisations autour d’oppositions strictes et simplifiées. Au risque de désigner le mauvais ennemi, et d’endormir le débat ?

Ne voir dans les nouvelles expressions vis-à-vis du monde agricole qu’un bashing, c’est refuser d’embrasser un nécessaire changement. Ce penchant au binarisme, qu’on retrouve dans les réactions à la honte de prendre l’avion, ou flygskam, oppose les différentes parties au point qu’elles semblent irréconciliables… et les fragilisent toutes sur le long terme.

Pourtant, nous sommes convaincus que le vrai moyen de nourrir un débat est justement de ne pas discréditer les opinions et les doutes. Alors que l’urgence environnementale exige un bouleversement complet des modèles de production, il faut créer les conditions d’un dialogue commun. C’est là tout l’enjeu de ces secteurs d’activité en transition rapide. Comment faire de la nécessaire réinvention un sujet qui s’inscrit dans une vision, un imaginaire de référence ? Comment faire des choix, sans sacrifier la complexité de notre monde ? Comment trouver des alliés durables, tout en préservant la singularité de son organisation ?

C’est un défi qui nous engage au quotidien. On s’en parle ?

Pour aller plus loin, on vous recommande :

  • de réfléchir sur les ressorts de l’institutionnalisation du mot « agribashing » dans le débat public (Le Monde).
  • de dépasser les prises de positions traditionnelles dans le débat autour de l’agriculture, avec l’émergence du contre-mouvement Agriloving.
  • d’observer la tendance à la déconsommation, comme une nouvelle forme de distinction sociale (The Conversation).
  • de se rassurer en constatant les paradoxes de l’opinion publique : neuf Français sur dix ont une bonne opinion des agriculteurs (Odoxa).

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